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Un mot de perdu, dix de retrouvés…
La dernière d'une série de cinq chroniques littéraires de Didier Daeninckx

Vendredi 18 juin 2004



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Demande à la poussière

Au musée Grévin, non loin des reproductions fidèles des gloires éphémères, s'alignent quelques glaces déformantes. On dispose de quelque chose d'approchant avec le Dictionnaire des écrivains contemporains de langue française par eux-mêmes publié par Mille et Une Nuits sous la direction de Jérôme Garcin : du respectueux et du gondolant. Le principe, inventé par Michel Tournier, en est simple: 350 romanciers, poètes, établissent leur propre notice nécrologique pour former une sorte d'auto-dictionnaire! Le résultat est étonnant: à côté de ceux qui s'auto-coulent dans le bronze, s'auto-sculptent dans le marbre, s'auto-peignent en héros des Lettres, un Simenon précise qu'après avoir définitivement cessé d'écrire, il s'est rendu à la mairie de Lausanne pour faire remplacer sur ses papiers la mention "romancier" par celle de "sans profession". Jean Echenoz tient à préciser : "Assez bon nageur". Et Bernard-Henri Lévy surprend en se livrant (à l'exact inverse d'un Jean-Pierre Faye), à une parfaite démonstration d'auto-dérision. L'exercice imposé par Jérôme Garcin remet en mémoire Les morts imaginaires de Michel Schneider (Grasset), un essai dans lequel sont retracés les véridiques derniers instants de 36 écrivains. Dont ceux de Dorothy Parker qui fit graver sur sa tombe ces trois mots : "Excuse my dust". "Excusez-moi pour la poussière"… Marcel Duchamp, classé parmi les peintres, en est absent, ce qui n'empêche pas de se souvenir du message que perpétue son tombeau : "C'est toujours les autres qui meurent".

Emeuleurs de limes et tubistes...

Paysages humains...



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