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Cette semaine, le hasard a voulu que je rencontre deux traducteurs qui se sont faits les passeurs d'une bonne centaine de romans chacun. Le premier, Claude Bleton, nous a donné à lire Manuel Vasquez Montalban, Juan Marsé ou Carmen Martin Gaite, et il a décidé de se venger avec humour de son supposé statut de mécanicien des langues, astreint aux échanges standard de locutions. L'arme du crime a pris la forme d'un roman, Les Nègres du traducteur, (Métailié) dans lequel le personnage principal, doué d'une imagination débordante, las de fournir une simple interprétation de textes espagnols contemporains, décide d'écrire directement en français des best-sellers que les romanciers-vedettes hispaniques se contenteront d'adapter. Toute ressemblance avec des faits réels serait pure coïncidence On nous a appariés le temps d'un débat, ayant relaté de mon côté qu'un double s'était emparé de mon identité, aux confins de la Bretagne, et que l'escroc faisait figurer mon nom sur la couverture de ses propres livres. Son chef d'uvre (qu'on m'attribue encore quelques fois), est intitulé Le Ftus de Madame est avancé! Le débat, autour du thème "Nègre en écriture, nègre en signatures", avait pour cadre le salon du livre de Bordeaux, une ville qui fit sa fortune sur le commerce de la "chair d'ébène", et dont les façades somptueuses témoignent de ce qu'elles doivent au tragique du mot "nègre". Le vous nous tue... Au
fil de
l'épée... Cette
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