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J'ai appris à lire en Allemagne. Pour être plus précis, j'ai appris à y lire mes nouvelles. Avant la rencontre avec un auteur, le public éprouve le besoin d'écouter une langue, son rythme, ses sonorités. Les disant, j'ai fini par entendre mes textes. Ces multiples expériences ont modifié ma manière d'écrire court, précipité les chutes, exacerbé le goût du retournement final. Pour le bonheur de voir la stupeur se lire sur les visages, de saisir cet instant d'apesanteur né des mots flottant dans l'espace comme des bulles de savon (...) L'autre soir, au New Morning, c'était un "Bal à la Page", un mariage de cours de danse, et de lectures. De l'improbable. La réussite tient du miracle. Deux cents personnes s'assoient après une java d'enfer, et se laissent embarquer par un texte érotique d'une modernité époustouflante. Sûrement écrit la veille. Le titre et le nom de l'auteur ponctuent la séquence, juste avant que le DJ n'abaisse l'aiguille sur le prochain vinyl : "C'était un extrait de Jacques le Fataliste et son maître de Denis Diderot". Puis on se colle, pour un slow. Le repos du fakir Le collectif "Ne pas plier" édite une dizaine de petits livres chaque année. Une collection baptisée L'Observatoire de la ville, et qui se fixe pour objectif de rendre la vie des urbains lisible. Dernière parution, Le repos du fakir de Gilles Paté, (isbn 2-910463-22-2) qui dresse l'inventaire, au moyen de photos commentées, de tous les dispositifs que l'imagination mobilise pour interdire aux humains d'être ensemble (...) Se vendre... Bizarre, vous avez dit bizarre? Cette
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