"Il était une fois " tant l'histoire nous semble inconcevable Inconcevable? "Il était une fois " Une histoire que l'on raconte, que l'on transmet. Oralité. "Il était une fois " Un homme qui se souvient et raconte, à des jeunes, une histoire vraie, qui est la sienne. Souvenir. Il était une fois un jeune homme, séparé de celle qu'il aime et qui traverse tout Paris, pieds nus, pour la retrouver Il était une fois deux amis, enfermés dans un zoo avec des crocodiles Il était une fois un homme qui avait mis un homme dans une cage Il était une fois un homme blanc qui avait sauvé la vie à un cannibale Un voyage dans la mémoire individuelle et collective Paris
1931, l'Exposition coloniale. Gocéné, un vieux Kanak entreprend de nous raconter l'incroyable récit de sa jeunesse. Commence alors un retour dans le passé. Un voyage dans la mémoire individuelle et collective. A travers ce récit, interprété dans un espace nu par Sylvie Malissard, commence un retour dans le passé. Un homme reste-t-il un homme lorsque d'autres le considèrent comme un anthropophage sauvage? Comment garder sa dignité en se retrouvant parqué dans un zoo entre les fauves et les caïmans? Quels mécanismes peuvent conduire une civilisation dite avancée à dénier toute dignité à un autre peuple? Vivification de la mémoire que la modernité s'acharne à nier. Réinscription de la mémoire collective. L'exposition coloniale de 1931 Tous
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Amnistia.net Certains ont mission de creuser d'énormes troncs d'arbres pour construire des pirogues, d'autres nagent dans une mare en poussant des cris de bêtes, les femmes doivent danser le pilou pilou à heure fixe, seins nus Cette mascarade suscite peu de protestations, hormis le Manifeste des Surréalistes : "Ne visitez pas l'Exposition coloniale", signé André Breton, Paul Eluard, Louis Aragon, René Char, Benjamin Peret. Les hommes exposés, "ces fauves bestiaux" s'appellent Elisée, Jean, Maurice, Auguste, Germain, Marius. L'un était instituteur l'autre employé à la douane, un autre chauffeur de camion. "Quittant son pays un p'tit négro d'Afrique centrale Il peut être commode de ranger le mépris colonial au musée des temps obscurs . Nous et les Autres. Les Autres et Nous 1931 2007 Où en sommes nous? Qui sommes nous? Nous les "civilisés" Les zoos humains L'apparition puis l'essor des zoos humains s'appuient sur trois processus: la construction d'un imaginaire sur l'autre, la théorisation scientifique de la hiérarchie des races, et l'édification d'un empire colonial. Ces trois axes constituent les fondements d'un modèle encore existant et dont les répercussions se font encore sentir aujourd'hui. Les zoos humains répondent aux fantasmes et aux inquiétudes de l'occident sur l'ailleurs et donnent une réalité au discours racial en construction. Les exhibitions représentent le premier contact entre les Autres et Nous. Un autre importé, mesuré, exhibé, montré, disséqué, spectacularisé, scénographié, selon les attentes d'un occident en quête de certitudes sur son rôle de guide du monde de civilisation supérieure. Aussi naturellement que le droit de coloniser, ce droit d'exhiber des exotiques se généralise à Hambourg, Paris, Chicago, Londres (A la suite du célèbre PT Barnum à New York, qu met en scène des monstres (freaks), Carl Hagenbeck à Hambourg, invente en 1875 le concept des ethno shows et crée le zoo humain ). D'un XIXe siècle en quête de classification, on passe à un XXe siècle qui façonne le monde selon ses modèles, ses peurs, ses intérêts. Ce qui nous apparaît aujourd'hui comme une des démonstrations les plus révoltantes de l'infériorisation de l'autre, parce qu'elle rapproche volontairement l'homme de l'animal, est à la mesure des enjeux cristallisés par les zoos humains. Ces exhibitions représentent un tournant essentiel dans la construction d'un imaginaire sur l'autre, fondé sur une vision, raciste, validé par la science anthropologique. Les zoos humains ont été le lieu fondamental du passage du racisme scientifique à un racisme populaire, pratique et opérant. Le rôle de la science fut alors essentiel. C'est elle (tout particulièrement l'anthropologie physique), qui va établir la notion de hiérarchie an prenant appui sur les particularités physiologiques des différents groupes humains. Légitimés par les savants, les premiers zoos humains rendent ludiques les austères analyses scientifiques. Les zoos humains flattent la curiosité beaucoup plus qu'ils n'expliquent les raisons, racialisantes, qui permettent ce spectacle de l'autre.
Les hiérarchies établies initialement par la science, précisent la place de chaque groupe humain dans la grande échelle des races. Chaque Etat a utilisé les expositions coloniales, internationales ou universelles, pour exhiber ses propres projets. La violence est dans les crimes visibles de ces exhibitions, mais elle est aussi dans le regard, dans le banal, dans le côté "non enfant" de ces exhibitions. Il y a une barrière entre celui qui voit et celui qui est vu. Pour les visiteurs, la lecture est facilitée afin qu'il visualise la progression de l'humanité depuis la sauvagerie jusqu'à la civilisation. La fonction idéologique est de montrer qui est le civilisé et qui doit être civilisé. L'autre est vu sous l'angle d'une typologie raciale, dont l'étalon reste l'européen. C'est le regard qui construit la différence. La mise en cage des autres existe toujours, fonctionne toujours. De même que la race n'est pas une réalité biologique, mais une construction sociale, le zoo humain n'est pas l'exhibition de la sauvagerie, mais la construction de celle-ci. Les zoos humains constituent un phénomène culturel fondamental, et jusqu'alors totalement occulté, par son ampleur, mais aussi parce qu'il permet de comprendre comment se structure le rapport que construit la France coloniale, mais aussi l'Europe avec l'Autre. Nous sommes issus de cela. Et aujourd'hui? Pour
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lire La
marque de l'histoire,
par Didier Daeninckx Abonnez-vous
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