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Johnny Weissmuller: Dans la jungle des J.O.

Un récit de Didier Daeninckx

Mercredi 27 octobre 2004




Remarqué par un scénariste vedette de la Metro Goldwin Meyer, Johnny Weissmuller tournera 12 films de la série "Tarzan".
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Perché dans la nacelle d'un ballon captif aux flancs bardés de publicités pour les automobiles Peugeot, Edmond Dehorter, premier radio-reporter de l'histoire commente, en direct sur la fréquence de Radiola, les épreuves des Jeux Olympiques qui se déroulent à Paris de mai à juillet 1924. D'un même regard, il peut voir le tout nouveau stade de Colombes, le Vel d'Hiv, le plan d'eau d'Argenteuil ou le quadrilatère aux murs aveugles qui abrite le bassin découvert de 50 mètres de la piscine des Tourelles.

On compte moins de trois cents femmes parmi les trois mille athlètes venus de quarante-quatre pays, et si l'Autriche et l'URSS ont été réintégrées dans la communauté sportive, la participation de l'Allemagne est refusée par le Comité International Olympique qui s'attire les foudres de la Fédération Sportive du Travail: "A bas le chauvinisme, vive la fraternisation". Arrivé deuxième du marathon, l'Italien Bertini dédie sa médaille d'argent à son Duce et se redresse pour un impeccable salut fasciste. Comme pour laver l'affront, William De Hart Hubbard gagne le concours du saut en longueur et devient, avec un bond de 7,44 m, le premier champion olympique noir de peau.

Quand il s'élance pour le 100 mètres nage libre, Johnny Weissmuller n'est pas un inconnu: le 9 juillet 1922 à Alameda, et alors qu'il n'était âgé que de 17 ans, il a pulvérisé le record du monde de la distance en 58"6, devenant le premier nageur à passer sous la barre symbolique de la minute. Il confirme l'exploit dix-huit mois plus tard en gagnant encore plus d'une seconde. La même semaine de février 1924, il défie ses futurs adversaires olympiques en couvrant le 440 yards en moins de cinq minutes. Au cours d'une carrière internationale de huit années, il alignera ainsi soixante-sept records du monde. A Paris, son principal adversaire est un autre Américain, originaire d'Hawaï, Duke Kahanamoku, médaille d'or à Stockholm en 1912, à Anvers en 1920 et qui consacra une grande partie de sa vie à la promotion du surf. Les Australiens ont érigé un monument à sa mémoire, sur la plage de Freshwater, en souvenir d'une de ses tournées-exhibition en 1915.

Au bassin des Tourelles, on a innové en matérialisant les couloirs au moyen de cordes rouges équipées de bouchons de liège. L'un des secrets de Johnny Weissmuller consiste à pénétrer dans l'eau et à filer le plus loin possible à la manière d'un sous-marin alors que ses concurrents plongent bien trop près des plots. Quand ils relèvent la tête, le futur Tarzan leur a déjà pris une demi-longueur. (...)


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