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Depuis
sept ans une guerre civile ravage le Burundi. Le
pays est gouverné par le président
Pierre Buyoya dont le régime assure les
pleins pouvoirs à la minorité tutsi.
Cette ethnie qui ne représente que 14% de la
population détient pratiquement tous les
postes clés et notamment elle contrôle
l'armée. Du côté tutsi cette
répartition inégale du pouvoir - les
Hutus représentent 85% de la population -
s'apparente à une véritable
assurance-vie. Il suffit de regarder ce qui s'est
passé en 1994 dans le Rwanda voisin, et se
souvenir que 800.000 Tutsis y furent
massacrés en trois mois par les partisans
fanatiques du Hutu Power.
Ce fut un génocide.
Le
reportage photographique que nous publions illustre
ce qui se passe de nos jours au Burundi. En six
mois l'armée burundaise, tutsi, a en effet
enfermé plusieurs centaines de milliers de
paysans hutu, dont 300.000 venant des environs de
la capitale Bujumbura, dans des "sites de
regroupement". Les raisons évoquées
par le gouvernement tutsi reposent sur la
nécessité de couper les vivres et les
bases aux rebelles hutus et donc d'éviter un
nouveau massacre de la population tutsi. Cette
menace est bien réelle.
Vous
avez sous les yeux le témoignage de la vie
dans les camps. Il en existe 350 dans tout le pays.
Environ 800.000 Hutus y sont enfermés dans
des conditions tragiques: famine,
épidémies, choléra. Le taux de
mortalité est énorme. Voici donc
à quoi aboutissent les si détestables
politiques de clivage ethniques.
En
mars 2000, Ettore Malanca s'est rendu dans les
camps de Kabezi, Kavuma, Karenzi, Rushubi, Mugendo.
Témoignage.
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