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Le
peuple du fleuve.
Ce sont eux qui ont introduit
l'art africain de naviguer. Les pirogues qui
sillonnent le paysage du fleuve sont encore
construites dans la méthode traditionnelle,
en creusant un tronc d'arbres, la seule
nouveauté est que de nos jours elles
possèdent un moteur hors-bord.
Elles sont le seul moyen de
locomotion que semble accepter le Maroni. Et les
Bonis la seule espèce humaine à qui
le fleuve a donné le droit de passage.
Même quand la Légion
étrangère patrouille, elle a besoin
d'un motoriste et d'un boss-man Boni pour la
conduire.
Le Maroni a des humeurs
difficiles et imprévisibles. Ce sont les
saisons, les orages, et les lunes qui se
reflètent d'une lumière tiède
dans ses eaux qui le font ainsi. Il n'a jamais un
véritable débit précis et donc
sa géographie est mutante. Seulement celui
qui est du fleuve sait comment glisser
au-delà des rapides qui dominent les sauts
de l'abati Cotica.
Seul celui qui parle avec le
fleuve peut savoir quelle langue d'eau choisir pour
contourner la puissance du courant et le dos
aiguisé des roches cachées en
embuscade. Seul ce peuple qui a voulu marier son
propre destin à celui du fleuve est capable
de le chevaucher.
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