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L'Europe a une frontière avec l'Amérique du sud
un grand reportage de la rédaction


Le peuple du fleuve.

Ce sont eux qui ont introduit l'art africain de naviguer. Les pirogues qui sillonnent le paysage du fleuve sont encore construites dans la méthode traditionnelle, en creusant un tronc d'arbres, la seule nouveauté est que de nos jours elles possèdent un moteur hors-bord.

Elles sont le seul moyen de locomotion que semble accepter le Maroni. Et les Bonis la seule espèce humaine à qui le fleuve a donné le droit de passage. Même quand la Légion étrangère patrouille, elle a besoin d'un motoriste et d'un boss-man Boni pour la conduire.

Le Maroni a des humeurs difficiles et imprévisibles. Ce sont les saisons, les orages, et les lunes qui se reflètent d'une lumière tiède dans ses eaux qui le font ainsi. Il n'a jamais un véritable débit précis et donc sa géographie est mutante. Seulement celui qui est du fleuve sait comment glisser au-delà des rapides qui dominent les sauts de l'abati Cotica.

Seul celui qui parle avec le fleuve peut savoir quelle langue d'eau choisir pour contourner la puissance du courant et le dos aiguisé des roches cachées en embuscade. Seul ce peuple qui a voulu marier son propre destin à celui du fleuve est capable de le chevaucher.




photos: ©Enrico Porsia/amnistia.net

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