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Le
12 janvier 1985, le leader indépendantiste
Eloi Machoro est cerné par les forces
d'élite de la gendarmerie nationale,
dans une ferme qu'il occupe avec des militants du
FLNKS, en Nouvelle Calédonie. Les plus
hautes autorités de l'Etat décident
de le neutraliser. Maurice Nonnaro, son adjoint est
tué sur le coup par un tireur
d'élite. Eloi Machoro, blessé,
agonisera pendant près d'une heure, sans
soins. Cet assassinat politique sera à
l'origine de mon intérêt pour la lutte
du peuple kanak. L'écriture du roman
Cannibale, relatant la manière dont
une centaine d'hommes et de femmes kanak furent
enfermés derrière les cages d'un zoo,
lors de l'Exposition coloniale de 1931, prend sa
source dans cet événement.
En
avril 1985, les éditions Fleuve Noir
publièrent un polar du rigoureux auteur
gauchiste Gérard Delteil, Histoires
d'Os, relatant l'enquête corse d'un
sympathique officier de police judiciaire de la
gendarmerie.
Comme
un bonheur ne vient jamais seul, ce chef d'oeuvre
hélas devenu introuvable, fut
distingué par le jury du Prix Moncey (la
gendarmerie décerne chaque année un
prix littéraire, Le Prix Moncey, du nom
d'un général napoléonien qui
fut inspecteur général de cette
formation en 1801). L'auteur reçut un
chèque de 20.000 francs, et son livre
éclaira pendant quelques heures les
soirées sans joie de milliers de gendarmes
confinés dans leurs cantonnements.
Quelques
auteurs pour lesquels la littérature n'est
pas simplement un marché, un
créneau, mais résulte surtout d'un
engagement éthique,
suggérèrent à Gérard
Delteil de reverser le montant du prix à
Françoise, la soeur d'Eloi Machoro.
A
notre connaissance, il ne fut pas donné
suite à cette proposition.
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