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amnistia.net/les enquêtes interdites n°14 - 13.03.2002
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L'axe Garzon - Aznar en passe de reconstruire l'unité des abertzale
Par Allande Socarros, journaliste basque

Le chevalier blanc a réenfourché son noir destrier! Le juge Baltasar Garzon de l'Audiencia Nacional, juridiction pénale espagnole spécialisée dans les dossiers judiciaires à caractère politique, a ajouté deux nouvelles prises à son tableau de chasse déjà très fourni, dans sa croisade anti-abertzale ou tout simplement anti-basque. Le 5 février dernier, le magistrat a pris la décision de mettre hors-la-loi l'organisation de défense des prisonniers et réfugiés politiques basques Askatasuna (Liberté) et le mouvement de jeunes Segi (Continuer). Motif allégué dans l'un et l'autre cas: être des structures s'inscrivant dans la solidarité et le soutien politique à ETA et, par voie de conséquence, se comporter en relais actifs du "terrorisme".

Il est certes vrai que Askatasuna qui a pris la suite de Amnistiaren Aldeko Batzordeak (Comités pour l'amnistie) eta Segi qui n'était qu'un changement de nom de Haika (Debout!) - tous deux précédemment interdit par Garzon - sont des organisations qui s'inscrivent clairement dans la mouvance pro-ETA. Pour autant, une solidarité politique sans état d'âme et inconditionnelle à l'organisation clandestine armée, voire même une apologie revendiquée et claironnée à son endroit, n'en font pas des structures qui pratiquent la lutte armée. D'ailleurs, dans ses argumentations pour déclarer illégales Askatasuna et Segi, le juge Garzon a été bien incapable de préciser quels "actes de terrorisme" il imputait à ces deux organisations (...)

De fait, la croisade judiciaire du juge Garzon est le prolongement de la politique ouvertement (si l'on peut dire!) recentralisatrice du gouvernement Aznar qui vise à rogner le plus possible les pouvoirs des autonomies les plus avancées, celle tout particulièrement de la Communauté Autonome Basque. Un véritable bras de fer s'est engagé entre le pouvoir central de Madrid et le gouvernement autonome basque du Lehendakari (Président) Juan Jose Ibarretxe, qui touche tous les domaines, depuis la fixation de la quote-part financière de l'autonomie basque aux institutions centrales, jusqu'au contenu des programmes scolaires, en passant par le refus de Madrid de concéder des effectifs supplémentaires à la Ertzaintza (Police autonome basque disposant aujourd'hui de 7.500 agents) (...)

Le mouvement abertzale de gauche en Pays Basque Nord Abertzaleen Batasuna (Unité des abertzale) dont la campagne politique préludant à la célébration de l'Aberri Eguna (Journée de la Patrie basque qui a lieu le dimanche de Pâques) aura pour thème cette année "Sur la route de l'espoir, allons à nouveau de Lizarra à Garazi". Référence claire aux accords de partenariat politique entre toutes les sensibilités abertzale signés dans ces deux villes de Navarre (Nafarroa) et qui avait précédé l'annonce d'une trêve par ETA en septembre 1999 (...)

Le contexte politique actuel a comme un air de déjà vu, un goût de revenez-y. Un climat politique un peu comparable à celui de l' été 1999 qui avaitprécédé l'annonce d'une trêve par ETA.
De là à imaginer qu'une proclamation de même nature se profile à l'horizon, peut-être pour un peu avant l'Aberri Eguna du 31 mars prochain... il n'y aurait qu'un pas que je me hasarderais à franchir
(...)

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