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L'axe
Garzon - Aznar en passe de reconstruire
l'unité des abertzale
Par
Allande Socarros, journaliste basque
Le
chevalier blanc a réenfourché son
noir destrier! Le juge Baltasar Garzon de
l'Audiencia Nacional, juridiction pénale
espagnole spécialisée dans les
dossiers judiciaires à caractère
politique, a ajouté deux nouvelles prises
à son tableau de chasse déjà
très fourni, dans sa croisade anti-abertzale
ou tout simplement anti-basque. Le 5 février
dernier, le magistrat a pris la décision de
mettre hors-la-loi l'organisation de défense
des prisonniers et réfugiés
politiques basques Askatasuna (Liberté) et
le mouvement de jeunes Segi (Continuer). Motif
allégué dans l'un et l'autre cas:
être des structures s'inscrivant dans la
solidarité et le soutien politique à
ETA et, par voie de conséquence, se
comporter en relais actifs du
"terrorisme".
Il
est certes vrai que Askatasuna qui a pris la suite
de Amnistiaren Aldeko Batzordeak (Comités
pour l'amnistie) eta Segi qui n'était qu'un
changement de nom de Haika (Debout!) - tous deux
précédemment interdit par Garzon -
sont des organisations qui s'inscrivent clairement
dans la mouvance pro-ETA. Pour autant, une
solidarité politique sans état
d'âme et inconditionnelle à
l'organisation clandestine armée, voire
même une apologie revendiquée et
claironnée à son endroit, n'en font
pas des structures qui pratiquent la lutte
armée. D'ailleurs, dans ses argumentations
pour déclarer illégales Askatasuna et
Segi, le juge Garzon a été bien
incapable de préciser quels "actes de
terrorisme" il imputait à ces deux
organisations (...)
De
fait, la croisade judiciaire du juge Garzon est le
prolongement de la politique ouvertement (si l'on
peut dire!) recentralisatrice du gouvernement Aznar
qui vise à rogner le plus possible les
pouvoirs des autonomies les plus avancées,
celle tout particulièrement de la
Communauté Autonome Basque. Un
véritable bras de fer s'est engagé
entre le pouvoir central de Madrid et le
gouvernement autonome basque du Lehendakari
(Président) Juan Jose Ibarretxe, qui touche
tous les domaines, depuis la fixation de la
quote-part financière de l'autonomie basque
aux institutions centrales, jusqu'au contenu des
programmes scolaires, en passant par le refus de
Madrid de concéder des effectifs
supplémentaires à la Ertzaintza
(Police autonome basque disposant aujourd'hui de
7.500 agents) (...)
Le
mouvement abertzale de gauche en Pays Basque Nord
Abertzaleen Batasuna (Unité des abertzale)
dont la campagne politique préludant
à la célébration de l'Aberri
Eguna (Journée de la Patrie basque qui a
lieu le dimanche de Pâques) aura pour
thème cette année "Sur la route de
l'espoir, allons à nouveau de Lizarra
à Garazi". Référence claire
aux accords de partenariat politique entre toutes
les sensibilités abertzale signés
dans ces deux villes de Navarre (Nafarroa) et qui
avait précédé l'annonce d'une
trêve par ETA en septembre 1999 (...)
Le
contexte politique actuel a comme un air de
déjà vu, un goût de revenez-y.
Un climat politique un peu comparable à
celui de l' été 1999 qui
avaitprécédé l'annonce d'une
trêve par ETA.
De là à imaginer qu'une proclamation
de même nature se profile à l'horizon,
peut-être pour un peu avant l'Aberri Eguna du
31 mars prochain... il n'y aurait qu'un pas que je
me hasarderais à franchir
(...)
Tout
l'article dans le n°14 des Enquêtes
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