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Les
apprentis sorciers
Cela
fait des années que nous
dénonçons la confusion, l'imposture,
que nous relevons les écrits de ces
personnages trop rapidement
répertoriés "à gauche" et qui,
par leurs déclarations, roulent en fait pour
la partie adverse. Ainsi, dans Le Point de
cette semaine, une bonne âme nous
déclare, après le score de Le Pen,
que "le nouveau clivage émergent est
celui qui oppose les citoyens soucieux de
sécurité et d'autorité
à ceux qui privilégient les valeurs
de tolérance et de liberté des moeurs
jusqu'à la permissivité".
Quelques lignes auparavant, ce penseur fustigeait
la "dramatisation des problèmes de
l'immigration". Les responsables ne sont pas,
à son avis à l'extrême-droite,
mais à l'extrême-gauche chez ceux qui
ont soutenu les sans-papiers qui, là encore,
faisaient de la "provocation allant dans le sens
de la permissivité". Pas un mot de
condamnation de Le Pen dans tout l'article, au
contraire: le mouvement de rejet qui mobilise le
pays est, pour lui: "Un pseudo antifascisme en
lutte contre un pseudofascisme".
Cet
observateur clairvoyant, Pierre-André
Taguieff, était ces derniers mois l'un des
principaux conseillers de Jean-Pierre
Chevènement qui, lorsqu'il était
ministre de l'Intérieur s'était
entouré de ses lumières au sein de
son Centre d'études et de prévisions,
place Beauvau. Notre penseur cohabitait sans
problèmes, près du Che de Belfort,
avec le fondateur d'Occident, William Abitbol qui
fait maintenant les yeux doux à Le Pen, et
avec Paul-Marie Coûteaux que le même
Che vient de virer de son Pôle pour
sympathies extrémistes!
Cela
prouve, une nouvelle fois, qu'il ne faut pas se
contenter de faire confiance à
l'émetteur, mais d'écouter les
paroles...
Retrouvez
cet article dans le n°16 des Enquêtes
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