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Faire
taire les voix de la "préférence
nationale"
Par
Alexis Corbière
"Nation"
et "préférence nationale", sont les
deux thème rabachés jusqu'à
l'obsession par l'extrème droite
française depuis une quinzaine
d'années. C'est sur ces bases
idéologiques qu'elle a construit ses
succès électoraux, locaux d'abord et
nationaux ensuite, en conquérant
l'adhésion de vastes secteurs populaires.
C'est avec ces thèmes que le Front National
à su contaminer la "droite
républicaine" française. Un processus
commencé il y a bien longtemps et au plus
haut niveau, comme l'analyse Alexis Corbière
dans un article paru en avril 1999, dans le N°
4 de la revue Mauvais Temps (Editions Syllepse).
Nous trouvons cette analyse toujours
d'acualité, surtout en perspective des
élections législatives de juin
prochain et des compromissions en vue entre le
Front National et la droite "classique". Nous vous
en proposons ici d'amples extraits.
Nous remercions les Editions Syllepse pour leur
aimable autorisation. ©Syllepse
1999.
La
"préférence nationale"
défendue par les FNs n'est pas l'un des
points "ultra" de la politique de ces partis, dont
l'application constituerait la revendication la
plus "radicale" de leurs programmes. Elle en est le
concentré, la synthèse, l'expression
la plus cohérente de l'organisation de la
société qu'ils proposent.
Depuis
plusieurs années, l'extrême droite
exige une révision constitutionnelle afin
que:
"La préférence nationale
[soit] inscrite dans la Constitution et
devienne la colonne vertébrale des lois de
la République".
Armée
de cette nouvelle Constitution, la 6e
République frontiste s'organiserait autour
d'un véritable racisme d'Etat, une
suppression systématique et institutionnelle
de tous les droits pour les étrangers, bref
un authentique "apartheid à la
française". D'un tel édifice de
racisme institutionnel, il n'est pas
crédible de détacher certains
éléments; dès lors que l'on
vient se placer sur le plan incliné de la
"préférence nationale", il n'est plus
possible de s'y maintenir en équilibre sans
très rapidement dévaler jusqu'en bas
et en accepter toute la cohérence. Quiconque
place le doigt dans l'engrenage idéologique
de l'extrême droite a toutes les chances de
s'y voir entièrement aspiré
(...)
Tout
l'article dans le n°17-18 des
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