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Sarkozy
promet un "indice mensuel de la
sécurité"
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Je
suis d'un naturel anxieux: il suffit que je lise
une enquête à propos d'une nouvelle
maladie pour en découvrir chacun des
symptômes sur ma propre constitution. Si
je traverse un cimetière, impossible de lire
les dates, sur les tombes, sans faire les
soustractions et évaluer le maigre temps qui
me reste à vivre. Regarder le journal m'est
une épreuve: pas une ligne qui ne me
ramène à ma condition, et c'est bien
pire quand délaissant le papier
imprimé je presse le bouton de la
télécommande. C'est bien simple, de
Pernaud en Bilalian, on me tue dix fois par jour,
et si par miracle j'en réchappe, le sort de
grabataire qui m'est promis dans des hôpitaux
surpeuplés n'est guère plus enviable
que celui de viande froide.
A
la télé, au travers des histoires des
autres, il ne se passe pas une seconde sans que
l'on me manque de civilité, qu'on
m'insulte, qu'on me bouscule, qu'on me diffame,
qu'on me frappe, qu'on m'humilie, qu'on me
dépouille de mon auto-radio, qu'on me
déleste de mon portefeuille, qu'on crache
sur ma femme, qu'on viole ma fille, qu'on vole
à l'arraché la pension de ma
belle-mère, qu'on me souffle au visage des
bouffées de cigarettes au shit, qu'on
graffite mon ascenseur, qu'on chie sur mon
paillasson, qu'on me vole mes nains de
jardin.
Je
me soulage, une fois tous les cinq ans, en
glissant dans l'urne, comme on jette une bombe,
comme on refile le sida, le bulletin qui les
condamne tous à la peine maximale
(...)
Didier
Daeninckx, écrivain, est journaliste
à www.amnistia.net.
Dernier ouvrage publié: Le Retour
d'Ataï, éditions
Verdier
(http://www.editions-verdier.fr)
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