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Le ministre de la Justice italien débarque en France:
la fable du roi et du révolutionnaire
Par Enrico Porsia

Cet article a été publié le 12 septembre 2002 dans le n°23-24 des Enquêtes interdites. Soutenez notre rédaction indépendante, abonnez-vous!

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ne semaine après avoir piloté l'extradition de l'exilé politique italien Paolo Persichetti (le 24 août dernier), Roberto Castelli, le ministre de la Justice italien, appartenant au parti xénophobe de la Ligue du Nord, a décidé de s'offrir un grand bol d'air. C'est ainsi qu'il s'est rendu (pendant le premier week-end de septembre) dans une petite île de la Méditerranée que les lecteurs d'amnistia.net connaissent bien (voir notre article Banana Republic of Cavallo).

Il s'agit en effet de l'île de Cavallo, dans l'extrême sud de la Corse. Ici le ministre de la Justice d'Italie, pardon de Padanie, la "nation" au nord de Florence qu'il prétend incarner, a rendu une visite privée au prince Vittorio Emanuele de Savoie. Cet ancien membre de la loge maçonnique occulte et putschiste de Licio Gelli, vient en effet d'obtenir, par la grâce du gouvernement de Silvio Berlusconi, autre ancien frère de la loge occulte, le droit à retourner sur le sol italien d'où il avait été banni à la fin de la guerre... À cette époque, par référendum, les Italiens choisirent de se prononcer pour un "Etat républicain". A compter de ce moment, il était difficile de maintenir l'ancienne famille royale sur le sol de son ancien royaume... surtout après que cette dernière se fut montrée, pendant 20 ans, une fidèle partenaire de la dictature mussolinienne.

Mais voilà que certains jugent que ces temps sont révolus. Aujourd'hui l'Italie est gouvernée par une coalition de post- et néo-fascistes avec en prime, à la présidence du Conseil, un ancien frère de loge de l'ancien prétendant au trône. Et alors que la République française, tournant le dos a ses promesses, s'est soumise au désirs berlusconiens et a livré un ancien militant de l'extrême gauche révolutionnaire à l'administration pénitentiaire italienne, on assiste à une rencontre entre le ministre de la Justice Castelli et le prince héritier, Vittorio Emanuele. Cette aimable visite qui se voulait très discrète de la part de Castelli avait un seul but, celui de discuter du retour du prince héritier dans son ancien royaume. On peut penser qu'il est pour le moins paradoxal que ce soit sur le sol de la République française que le prince Vittorio Emanuele P2 et le xénophobe ministre de la Justice d'Italie ont choisi de se donner rendez-vous afin d'établir le protocole du retour de la famille royale.

Eh oui, les temps ont décidément changé. Autrefois, la République, en France, faisait perdre la tête aux rois, et se faisait une fierté et un devoir de protéger les révolutionnaires.


Dans le n°23-24 des Enquêtes interdites, tout le minutieux "Récit d'une extradition politique".



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