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Une
semaine après avoir piloté
l'extradition de l'exilé politique italien
Paolo Persichetti (le 24 août dernier),
Roberto Castelli, le ministre de la Justice
italien, appartenant au parti xénophobe de
la Ligue du Nord, a décidé de
s'offrir un grand bol d'air. C'est ainsi qu'il
s'est rendu (pendant le premier week-end de
septembre) dans une petite île de la
Méditerranée que les lecteurs
d'amnistia.net connaissent bien (voir
notre article Banana Republic of
Cavallo).
Il
s'agit en effet de l'île de Cavallo, dans
l'extrême sud de la Corse. Ici le ministre de
la Justice d'Italie, pardon de Padanie, la "nation"
au nord de Florence qu'il prétend incarner,
a rendu une visite privée au prince Vittorio
Emanuele de Savoie. Cet ancien membre de la
loge maçonnique occulte et putschiste de
Licio Gelli, vient en effet d'obtenir, par la
grâce du gouvernement de Silvio Berlusconi,
autre ancien frère de la loge occulte, le
droit à retourner sur le sol italien
d'où il avait été banni
à la fin de la guerre... À cette
époque, par référendum, les
Italiens choisirent de se prononcer pour un "Etat
républicain". A compter de ce moment, il
était difficile de maintenir l'ancienne
famille royale sur le sol de son ancien royaume...
surtout après que cette dernière se
fut montrée, pendant 20 ans, une
fidèle partenaire de la dictature
mussolinienne.
Mais
voilà que certains jugent que ces temps sont
révolus. Aujourd'hui l'Italie est
gouvernée par une coalition de post- et
néo-fascistes avec en prime, à la
présidence du Conseil, un ancien
frère de loge de l'ancien prétendant
au trône. Et alors que la
République française, tournant le dos
a ses promesses, s'est soumise au désirs
berlusconiens et a livré un ancien militant
de l'extrême gauche révolutionnaire
à l'administration pénitentiaire
italienne, on assiste à une rencontre entre
le ministre de la Justice Castelli et le prince
héritier, Vittorio Emanuele. Cette aimable
visite qui se voulait très discrète
de la part de Castelli avait un seul but, celui de
discuter du retour du prince héritier dans
son ancien royaume. On peut penser qu'il est pour
le moins paradoxal que ce soit sur le sol de la
République française que le prince
Vittorio Emanuele P2 et le xénophobe
ministre de la Justice d'Italie ont choisi de se
donner rendez-vous afin d'établir le
protocole du retour de la famille royale.
Eh
oui, les temps ont décidément
changé. Autrefois, la République, en
France, faisait perdre la tête aux rois,
et se faisait une fierté et un devoir de
protéger les
révolutionnaires.
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