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Cet étrange Monsieur Nicolas
Par Enrico Porsia

Tout le dossier "L'univers des médias"


Cet article a été publié le 4 novembre 2002 dans le n°26 des Enquêtes interdites. Soutenez notre rédaction indépendante, abonnez-vous!




Pressions: A la suite de notre article L'Investigateur s'enlise, nous avons immédiatement reçu, le 22 octobre, l'injonction du conseil de Jean Nicolas d'avoir à 'supprimer purement et simplement toute allusion quelle qu'elle soit à Monsieur Jean Nicolas'. Ensuite, le 30 octobre, le même avocat nous précise, à propos d'un article que nous ne faisions qu'annoncer qu''il est à craindre que vous ne dépassiez les limites de la liberté d'expression"...


"L'
hebdo qui ose tout dire et tout publier". C'est le slogan qu'affiche L'Investigateur à sa "une". Un étrange hebdomadaire qui n'estime pas utile, aussi bien dans sa version papier, que dans sa version électronique, de publier la composition et l'adresse de sa rédaction. Quand on cherche à savoir à qui l'on a affaire, on trouve uniquement la mention d'une boîte postale au Luxembourg, et quand, faisant quelques recherches à partir du site Web, on débarque sur une lointaine île des Caraïbes, Montserrat. Que l'on parcoure l'édition papier ou qu'on surfe sur le site "on-line", un seul nom, une seule signature. Omniprésente. Celle d'un certain Jean Nicolas, qui se définit, modestement comme "le patron" du journal. Si d'aventure, comme a osé le faire notre rédaction, on s'intéresse d'un peu plus près à ce Jean Nicolas, on s'expose à quelques surprises. Ainsi, à la suite de notre article L'Investigateur s'enlise, nous avons immédiatement reçu l'injonction d'avoir à "supprimer purement et simplement toute allusion quelle qu'elle soit à Monsieur Jean Nicolas". Cette singulière mise en demeure nous a été envoyée par un avocat, spécialisé en droit fiscal et des sociétés, choisi comme conseil par Jean Nicolas. Une façon d'agir assez surprenante de la part d'un "patron de presse" dont la ligne éditoriale consiste, selon ses propres termes à "oser tout dire et tout publier".

Plus étonnant encore, dans un autre courrier son avocat précise, à propos d'un article que nous ne faisions qu'annoncer qu'"il est à craindre que vous ne dépassiez les limites de la liberté d'expression [...] en portant atteinte à la présomption d'innocence" de Monsieur Nicolas. Ainsi, se référant à un texte qui n'existait pas, l'avocat de Jean Nicolas s'alarme d'avance et évoque "les limites de la liberté d'expression et la présomption d'innocence" qui pourraient être dépassées... Ce procès d'intention de la part du conseil de monsieur Nicolas est d'autant plus surréaliste que le journal de son client, L'Investigateur, ne s'embarrasse guère de la notion de présomption d'innocence, en publiant en ligne des "listes" diverses. Une liste de francs-maçons, vous sera envoyée sur support CD-rom moyennant 50 euros, pour celle de présumés pédophiles, il vous en coûtera seulement 30 euros, quant à la liste des "Malfaiteurs natifs de Corse", comprenant 150 noms dont un grand nombre de personnes n'ayant pas encore été jugées ou ayant même été libérées au cours d'une procédure policière, vous pouvez la consulter en ligne: c'est gratuit!

Pour en savoir plus:

Le préfet Bonnet et L'Investigateur

L'Investigateur: le Web de la honte!

Corse: l'investigateur s'enlise

Il aura suffi que nous commencions à nous interroger sur cette étrange publication qui se targue d'être nourrie en partie par des rapports de police pour que l'avocat de L'Investigateur se manifeste en nous menaçant de poursuites et en nous intimant de faire silence sur le nom même de monsieur Nicolas. Pourquoi ce "patron de presse" craint-il que l'on jette un œil sur sa brillante réussite? Il n'a pourtant jamais hésité à se placer sous les feux de l'actualité, comme il y a six ans, en Belgique...

Marche blanche et ombres brunes…
La Commission européenne et le "lobby man"...
L'Investigateur et le "superflic"...

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