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Génocide: de la chambre à gaz à la machette
Comment des dirigeants français ont soutenu l'extermination au Rwanda
Par Jean-Paul Gouteux, chercheur à l'Institut de Recherche pour le Développement


Cet article est publié dans le n°36 des Enquêtes interdites du 26 mai 2003 . Soutenez notre rédaction indépendante, abonnez-vous!




Rapport de mission parlementaire...

Jean-Paul Gouteux, chercheur IRD, spécialiste rigoureux de la question rwandaise, est aussi l'auteur de La Nuit rwandaise, Izuba éditions-L'Esprit frappeur, 2002.

E
n avril 1994 et pendant les trois mois qui ont suivi, plus d'un million de personne ont été tuées au Rwanda parce qu'elles n'appartenaient pas à la bonne "race". Dans ce minuscule Etat africain, culturellement et linguistiquement homogène, les Tutsi, repérés par le fichage ethnique officiel (cartes d'identités) ou au faciès (selon les stéréotypes répandus) ont été systématiquement tués, des vieillards aux nourrissons. Le viol et la torture avant la mise à mort ont également été systématisés. C'est un génocide au sens premier du terme selon des critères qui s'appliquent à l'extermination des Arméniens et des Juifs. (...)

La question de la complicité française dans une telle horreur, lorsqu'elle est encore très exceptionnellement posée, reste dans le flou. La suspicion de "gauchisme" envers qui profère de telles accusations est très forte. Elle est d'ailleurs une des composantes de ce flou. Ensuite, qui peut y croire? C'est presque une question de bon sens: Comment des dirigeants honorables et respectés auraient-ils pu s'engager dans une telle abomination, après la Shoah, après le "plus jamais ça" unanime des Nations? Et par conséquent, engager "la France" avec eux! Mais les faits sont là, même s'ils sont difficilement audibles. (...)

Neuf ans après le génocide rwandais, Jean-Paul Gouteux, chercheur à l'Institut de Recherche pour le Développement, nous livre une analyse minutieuse qui met en lumière les lourdes responsabilités des autorités françaises. De François Mitterrand à Alain Juppé, en passant par Hubert Védrine, tous les responsables politiques ont justifié le soutien que "la France" apportait aux tueurs rwandais par le fait que "les Hutus représentent 80% de la population" . Le principal argument utilisé fait donc référence à la "démocratie raciale", une démocratie qui serait fondée sur des critères ethniques.

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