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Attentats: de l'Algérie française à Manhattan

A lire aussi l'enquête "Guerre d'Algérie: les colis piégés des services secrets"


Paris, mardi 25 septembre 2001



Le Parisien du 22 septembre 2001. Jeannou Lacaze: l'avis de l'expert.
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Dans une récente interview publié par amnistia.net, le chercheur Laurent Mucchielli dénonçait les amalgames qui, après les attentats qui ont visé les Etats-Unis, ne manqueraient pas d'être faits par les experts médiatiques, entre insécurité, délinquance, drogue et immigration. Le premier à s'épuiser dans les étranges lucarnes fut Xavier Raufer qui, sous son véritable nom, Christian de Bongain (voir notre enquête "Les grands maîtres de la 'démocratie blindée'"), s'illustra dans tous les combats de l'extrême-droite du temps de Défense de l'Occident, avant d'être engagé au Presses Universitaires de France par Pascal Gauchon, ancien lui aussi de l'extrême-droite activiste, pour diriger la collection Criminalités internationales...

Aujourd'hui, c'est au tour de Jeannou Lacaze, ancien chef d'état-major de Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand réunis, de faire un come-back remarqué. Dans l'édition du Parisien du samedi 22 septembre, cet expert qui a fait ses premières armes dans les services spéciaux, pendant la guerre d'Algérie, déclare: "Le problème du terrorisme dépasse largement les frontières. L'Europe se doit donc de supprimer les frontières pour y faire face".

Si l'on en croit l'ancien coordonnateur des services de renseignements français pendant la guerre d'indépendance algérienne, Jeannou Lacaze sait de quoi il parle en matière de "frontières". Dans un livre publié en 1994 chez Plon, Constantin Melnik n'hésite pas à écrire son nom en toutes lettres et à dévoiler son nom de code:

"Le Sorcier était un officier parachutiste à la belle tête de soldat rendu mystérieux par ses origines asiatiques. Il s'appelait Jeannou Lacaze et deviendra, quinze ans plus tard, chef d'état-major général d'un Giscard d'Estaing qui, avec Maurice Papon et le général Bigeard, était bien entouré. Plus tard, il se transformera en homme politique, d'une droite macho bien entendu".

Plus loin, Constantin Melnik, par le truchement de son biographe, raconte comment les services français créèrent de toutes pièces le mythe de La Main Rouge, un groupe de tueurs qui eurent pour mission de détruire les filières d'approvisionnement en armes du FLN. Des attentats terroristes, commis au moyen de livres piégés, visèrent des professeurs favorables à la cause algérienne, et cela hors des frontières françaises... (voir notre enquête "Les colis piégés des services secrets"). A la page 345 de ce livre, Un espion dans le siècle, il est avancé que:

"Notre 'Sorcier' a installé trois systèmes de sécurité sur le colis. La charge ne peut exploser que lorsque l'objectif ouvrira le livre évidé que nous allons lui expédier. Ce sera La Pacification d'Henri Alleg. C'est un gros pavé et Nouasri trouvera normal de le recevoir. Les trois sécurités avaient tenu leurs promesses. (...) En explosant, il n'avait pas tué le responsable de l'approvisionnement en armes de la rébellion. Le jour même du premier de l'an 1960, il lui avait arraché les deux bras".

A l'époque, le ministre belge de l'intérieur aurait pu prononcer, en conclusion d'un interview, les mêmes mots que l'expert Jeannou Lacaze, ce samedi 22 septembre 2001, pour répondre à la question suivante du journaliste:
- Notre pays vous semble-t-il menacé?
- Bien sûr, car le terrorisme ne connaît pas de frontières!

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