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"Je
ne chercherai aucune vengeance... Cette histoire est
close." voici un des premiers commentaires du
sénateur à vie, Giulio Andreotti,
après l'annonce de son acquittement, par la cour
d'Assise de Pérouse, vendredi 24 avril. Il
était accusé d'avoir commandité
l'assassinat
d'un journaliste, Carmine
Pecorelli,
tué a Rome en mars 1979. Son principal accusateur
était le mafieux, "repenti", Tommaso Buscetta. Il
a admis, devant les juges en avril 1993, que le
"respectable" sénateur à vie était
à l'origine du meurtre.
Giulio Andreotti, homme de pointe du système démocrate-chrétien, aura 81 ans en janvier 2000. Il fut sept fois président du conseil des ministres. Depuis son entrée à l'assemblée constituante de la première République italienne en 1946, il a participé à trente-trois formations gouvernementales différentes... Autant dire que l'histoire des alchimies des pouvoirs, qui font et défont les alliances dans la pénombre de la jeune république, n'ont aucun secret pour ce personnage incontournable de l'histoire italienne. "Si Andreotti fini dans les égouts, toute notre histoire commune peut être soumise au chantage" voici un bruit qui se propageait dans les couloirs politiques romains pendant le suspense qui précédait la sentence. Pardon, le faux suspense... car ce bruit en anticipait la nouvelle: "Tout le monde est acquitté." Il n'y a pas de coupables du meurtre de Pecorelli... voici les conclusions de la cour. N'y avait-il donc vraiment aucune preuve contre Giulio Andreotti si non un "sac vide", comme commentait mélancoliquement le Corriere de la Sera? Pénalement, le sac était sans doute vide. Il ne contenait que les souvenirs de quelque chef mafieux... Pourtant, comment ne pas s'étonner, devant un verdict fondé sur les mêmes lois (en vigueur en Italie depuis vingt ans et voulues par le même Andreotti) qui confondent, délibérément, le "repentir judiciaire" avec "La" preuve... L'histoire judiciaire, avec L'Histoire. "Si les mêmes témoignages apportés au procès contre Andreotti étaient produits contre quelqu'un d'autre, de moins puissant, il aurait eu la perpétuité sans appel!" confiait le directeur d'un hebdomadaire italien. Qui décide donc en Italie si le "repenti" a valeur de "preuve" ou non? Cela
dépendrait-il de la "puissance" de
l'accusé? Et le droit, dans tout ça, il
s'exerce comment... A la tête du "client"? Evadons-nous!
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