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Main basse sur l'assurance-maladie


Mercredi 30 juin 2004



José Caudron, Jean-Paul Domin, Nathalie Hiraux, Michel Maric, Catherine Mills, Main Basse sur l'assurance maladie.
©2003, Editions Syllepse et Fondation Copernic.
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Nous publions avec l'aimable autorisation des Editions Syllepse un extrait du livre de José Caudron, Jean-Paul Domin, Nathalie Hiraux, Michel Maric, Catherine Mills, "Main basse sur l'assurance maladie". ©2003, Editions Syllepse et Fondation Copernic.

Depuis plus de vingt ans, les tentatives de contenir la dépense de santé par la maîtrise comptable ont échoué, tandis que le chômage et la déflation salariale contribuaient à creuser le déficit de l'assurance-maladie. Ces politiques n'ont freiné que la seule dépense remboursable et rationné de fait que les plus pauvres, en tendant à remettre en cause l'égalité devant l'accès aux soins. Que notre système de santé soit "à plusieurs vitesses" constitue déjà une réalité, malgré la mise en place de la couverture maladie universelle (CMU) en 2000. Il apparaît donc urgent de renforcer la solidarité et l'efficacité du système de santé, mais cet objectif est étranger à la logique néolibérale.

C'est ainsi que le Medef a entamé, fin 2001, son offensive contre le système de santé solidaire et que diverses formes de privatisation sont envisagées par la droite libérale au pouvoir depuis juin 2002, même si le contraire continue d'être affirmé. La méthode du "panier de soins" constituerait l'instrument essentiel de cette "réforme" libérale, en d'autres termes la définition restrictive des soins pris en charge par ce que serait la nouvelle forme de couverture de base, ceci afin de limiter les dépenses de santé socialisées. Du même coup, on verrait monter fortement les dépenses couvertes par les complémentaires santé mutualistes ou d'assurances privées.

Les arguments pour justifier un recours accru aux assurances complémentaires reposent en premier lieu sur le déficit de l'assurance-maladie. Celui-ci a dépassé 10 milliards d'euros en 2003, après avoir été contenu de 1998 à 2001, en raison d'une conjoncture économique passagèrement et légèrement plus favorable. Le Medef, la Fédération française des sociétés d'assurances et la droite libérale se sont engouffrés dans cette voie ouverte pour en appeler à la privatisation. Pourtant, le déficit chronique de l'assurance-maladie résulte-t-il d'une augmentation trop forte des dépenses et d'éventuels gaspillages ou révèle-t-il que les ressources sont insuffisantes pour financer un système de santé efficace et solidaire?

Des amples extraits du livre Main basse sur l'assurance maladie seront publiés dans le numéro de juillet 2004 de notre journal Les Enquêtes interdites
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