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"Pippo Calò avait remis à Calvi d'énormes quantités d'argent sale à recycler. Le banquier l'avait mal investi, et la mafia a décidé de se venger en l'éliminant". Quand, le parrain mafieux, Antonino Giuffré a décidé de se mettre à table, et de révéler ce qu'il savait sur l'assassinat de Roberto Calvi, "le banquier de Dieu", comme il a été surnommé, était déjà sous terre depuis des lustres. Et ce n'est que le 6 octobre 2005, soit vingt-trois ans après les faits, que s'est ouvert à Rome le procès pour le meurtre de Roberto Calvi, le président du Banco Ambrosiano, une institution financière intimement liée au Vatican. Rappelons les faits. Le 18 juin 1982, le corps de Calvi est découvert a Londres. Il est pendu sous le pont des Blackfriars, les "Frères noirs", à quelques encablures de la City. Le banquier avait disparu de la ville de Milan huit jours auparavant, sans laisser aucune trace. Sa banque était en faillite: un trou d'un milliard et 200 millions de dollars! Un gouffre financier qui avait son origine, en réalité, de l'Institut pour les uvres de religion (IOR), la banque du Saint-Siège. Le crack du Banco Ambrosiano marquait le début d'une affaire énorme où se trouvaient mêlés le Vatican, la loge maçonnique occulte P2 et la mafia. On sait aujourd'hui que le banquier a été assassiné pour l'empêcher "d'exercer un pouvoir de chantage envers les référents politico-institutionnels de la maçonnerie, de la Loge P2 et du IOR, avec lesquels il avait géré des investissements et des financements de fortes sommes d'argent", soutient aujourd'hui le ministère public. Cinq personnes sont accusées du meurtre: l'ex-caissier de la mafia Pippo Calò, l'homme d'affaires Flavio Carboni, son ancienne compagne Manuela Kleinszig, l'ex-boss du milieu romain Ernesto Diotallevi et l'ex-contrebandier Silvano Vittor. "Un grand nombre de gens ont un tas de comptes à rendre, dans cette affaire", avait menacé Calvi avant de s'enfuir. Le banquier, qui se vantait d'avoir aidé le Pape au cours des opérations financières en faveur de Solidarnosc en Pologne, ne voulait visiblement pas jouer le rôle d'un simple fusible. Le 5 juin
1982, 13 jours avant sa mort, Calvi écrit directement
au pape Jean-Paul II, Karol Woytila: Cet
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