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Sarko: Le premier flic de France qui ignore tout du renseignement...


Vendredi 26 janvier 2007




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L
e 24 janvier, le quotidien Le Monde publiait un article, fort intéressant, au titre éloquent: "La campagne de Mme Royal sous surveillance de l'UMP".
On apprenait ainsi que, tous les matins, dès 8 heures 30, une équipe baptisée "cellule riposte" se réunissait au QG de campagne de Nicolas Sarkozy.

La tâche de ce dispositif est obsessionnelle: affaiblir Ségolène Royal.
"Les élus et les porte-parole du candidat UMP se sont réparti les sujets avec une seule et même mission, disent-ils: 'la tacler'. Le député UMP Dominique Paillé est donc allé expliquer à l'AFP combien il jugeait Ségolène Royal 'inquiétante' après ses déclarations sur le Québec. Christian Estrosi, Michèle Alliot-Marie et Jean-Pierre Raffarin ont poursuivi le procès en 'incompétence' de Mme Royal sur toutes les radios. Et la porte-parole de M. Sarkozy, Rachida Dati, est allée contester la candidate socialiste sur sa 'méconnaissance' supposée des dispositions en faveur des femmes battues", écrivent Raphaëlle Bacqué et Philippe Ridet.

La "cellule riposte" est animée par Marie-Hélène Debas, qui a pour mission "tout spécialement de suivre, pas à pas, l'agenda de la candidate socialiste". Le travail ne manque pas. Madame Debas est donc très précieusement secondée par Cédric Goubet et Emmanuelle Mignon... "Outre les politiques classiques qui viennent, à tour de rôle, récolter arguments et missions", bien entendu.

La "cellule riposte", n'est pas seule à la tache. En effet, tous les jours, "les politiques" se réunissent, autour de Claude Guéant et du conseiller spécial François Fillon, pour un dernier "calage", précise le Monde.
Monsieur Guéant est un homme très compétent. Jusqu'en 1998 il était le directeur général de la Police nationale...

A la suite des révélations de Brigitte Rossigneux, qui écrivait dans le Canard enchaîné que "un ordre en provenance du cabinet de Sarko était donné aux RG" afin que cette honorable administration enquête sur Bruno Rebelle, ex-porte-parole de Greenpeace, qui vient d'intégrer l'équipe de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy se défend avec virulence: "Une enquête sur quoi? Pour savoir quoi? Et en faire quoi? Tout cela est ridicule - poursuit le candidat de la droite ultralibérale - S'il devait y avoir une enquête à faire, ce serait sur le programme de la candidate", s'est moqué encore le premier flic de France.

Effectivement, il y a de quoi rire, à entendre Nicolas Sarkozy affirmer que la campagne électorale de son adversaire directe l'indiffère autant...

Si tel devait être le cas, il est bien difficile d'expliquer la raison pour laquelle aucun démenti n'a été publié à la suite de l'article du Monde, qui jetait un coup de projecteur sur la "cellule riposte" de l'UMP.

Quant aux rapports qu'entretient le ministre de l'Intérieur avec les RG, nous vous soumettons ces quelques lignes publiées dans le Monde le 26 janvier. Elles illustrent parfaitement la distance et la décontraction du ministre d'Etat vis-à-vis de son service de renseignement:

"Après le départ, en janvier 2004, d'Yves Bertrand, directeur (des RG, NDLR) pendant douze ans, M. Sarkozy n'était pas parvenu à imposer un de ses fidèles, Bernard Squarcini, en raison d'une opposition de l'Elysée. Pascal Mailhos était donc devenu directeur, avant de céder la place à son adjoint, Joël Bouchité, en avril 2006. Ce dernier est très proche de M. Squarcini"... le fidèle du ministre-candidat.

"Je n'ai rien commandé" aux RG concernant Ségolène Royal ou son entourage. "J'ai autre chose à faire. Mon cabinet n'a jamais rien commandé" certifie aujourd'hui le candidat de la droite musclée.

Vous avez du mal à le croire? Mais voyons, avec Sarkozy, tout devient possible...

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