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A
l'émancipation individuelle, l'Église
catholique oppose un rejet constant de toutes les
libertés: liberté d'expression, de
pensée, de critique, de croyance et d'incroyance, de
pratiquer une sexualité non nécessairement
orientée vers la procréation, de choisir une
mort digne, de se doter d'une organisation sociale ou d'un
régime politique sans allégeance ou pacte
envers le catholicisme et, surtout, liberté de se
déclarer libre de tout assujettissement à une
transcendance imaginaire. Les religions sont mortes. Intellectuellement et moralement mortes Et pourtant, leur empire s'étend, s'insinue partout, en tout. Sur le plan intellectuel, la victoire à la Pyrrhus contre Galilée fut leur propre arrêt de mort. Les termes en sont inscrits dans le rapport du maître du Sacré Palais, Niccolo Riccardi, instruisant contre Galilée, remis au pape Urbain VIII en 1632 et qui conduisit au procès. Point c: "S'être souvent écarté de la forme hypothétique du mouvement de la Terre et de la stabilité du Soleil"; point f: "Avoir, en quelque sorte, identifié dans la compréhension des choses géométriques, l'intelligence humaine et l'intelligence divine [1]." Le maître du Sacré Palais avait compris l'enjeu et que le développement de la science nouvelle de Galilée annulait, irréversiblement, par ses principes et sa méthode et, pis encore, sans même en faire son objectif, l'hypothèse Dieu Pour l'autocratique religion catholique, ce constat est également frappant, du moins dans les pays qui ont une longue tradition démocratique et sociale, tant elle s'accommode des régimes autoritaires. Mais en France, le nombre d'ordinations de prêtres a été de 90 en 2004, contre 566 en 1966. En 2002, le nombre d'entrées au séminaire (116) est inférieur au nombre d'ordinations (132). Si l'on ajoute que la moyenne d'âge des prêtres est désormais de 72 ans, le constat de l'état de mort annoncée de l'Eglise catholique en France, sur le plan institutionnel, est certain [2]. Chacun constate, en regard d'un tel constat, l'imposture politico-médiatique qui, sous prétexte d'un imaginaire "retour du sacré" nous assène une représentation permanente des religions, à l'inverse de leur implantation véritable dans la société. Depuis plusieurs années la télévision, en particulier, se complaît dans la propagande religieuse la plus outrée. Pour sa part, le Vatican a toujours souhaité avoir une position privilégiée en ce média et Pie XII eut même l'idée de retenir le nom de sainte Claire afin que la télévision bénéficie d'une "sauvegarde céleste"! D'où cette conclusion: "Nous faisons, Nous constituons et Nous déclarons Sainte Claire, vierge d'Assise, céleste Patronne auprès de Dieu de la Télévision.[3]". Pie XI
avait félicité par sa Lettre encyclique
à l'épiscopat des Etats-Unis, dès 1936,
ledit épiscopat pour la création de la Legion
of Decency visant à défendre
"l'honnêteté chrétienne" dans les
films. On aura reconnu le sinistre code de censure
adopté par Hollywood le 31 mars 1930, le Production
Code, dit code Hays, qui entra en application le 11 juillet
1934 en délivrant le premier visa d'exploitation (au
film The World moves on, en l'occurrence). Vatican II s'était également inquiété de ces médias qui peuvent influencer "les masses comme telles, et jusqu'à l'humanité toute entière [4]". Benoît XVI apporte sa contribution (dès le 23 avril 2005, sitôt pape!). Lors de la conférence épiscopale italienne, il demande que soit donnée "à tous une interprétation chrétienne des événements et des problèmes", face à "la culture et les modèles de comportement [ ] conditionnés et caractérisés par les représentations qu'en proposent les médias". Telle est la stratégie absolutiste du Vatican pour les médias(...) Avec
l'aimable autorisation des Editions
Syllepse
nous publions ici en exclusivité l'introduction du
livre "Contre Benoît XVI - Le Vatican, ennemi des
libertés" en
quatre parties. A
lire, dans notre journal Les enquêtes
interdites N°85 de juillet 2007,
l'intégralité du chapitre "Le pape
qu'attendait l'extrême droite".
Sur
abonnement. [1]
Émile Namer, L'Affaire Galilée,
Gallimard/Julliard, 1975, p. 186. Abonnez-vous
au site Amnistia.net (accès direct à
tous les articles) et recevez, chaque mois, notre
journal Les Enquêtes interdites
(format PDF).
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