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Ce qui surprend est l'attitude de complaisance, vis-à-vis du Vatican, des responsables des médias, et plus encore des responsables politiques Tout de même, le Parlement français, parfois depuis des lustres, a adopté des lois positives sur le divorce, l'avortement, l'homosexualité, etc., lois toujours condamnées par le Vatican. Comment ces hommes et femmes politiques osent-ils se déjuger, et, démocratiquement, de quel droit, alors que les textes législatifs en France sont aux antipodes des positions politiques du Vatican en ces matières? Situation qui se retrouve dans la plupart des pays qui furent sous domination chrétienne et, se démocratisant, y ont échappé C'est au point que le Vatican lui-même a pu considérer que les médias en faisaient beaucoup, lors de la mort de Jean-Paul II! Ainsi, cette déclaration singulière de Benoît XVI: "Lorsque les radios et les télévisions rendaient compte 24 heures sur 24 du retour du pape à la maison du Père [ ], elles répondaient à une participation qui a dépassé toutes nos attentes [6]." Que signifie donc ce marché de dupes dont le Vatican lui-même, qui sait sa situation catastrophique e tant qu'institution, n'est pas dupe: "Si la foi n'était qu'une affaire réglementée périodiquement par quelques vieillards à Rome, elle serait peu de choses. On se demanderait pourquoi prendre des exemples sur cette communauté." Ce constat est de Joseph Ratzinger en personne en un film hagiographique, réalisé par Hubert Schöne et produit par la télévision allemande Bayerischer Rundfunk, en vue de son élection à la papauté et expressément diffusé (sur France 5) dans les jours suivant cette élection. Ce sommet dans la propagande et la tartufferie que fut le décès de Jean-Paul II, a été suivi de la volonté de transformer médiatiquement l'ancien inquisiteur Ratzinger en un pape Benoît XVI modéré, voire démocrate. Ainsi, un nommé Giancarlo Zizola désigné comme "spécialiste du Vatican" devait déclarer à Libération du 23 août 2005, comme bilan des Journées mondiale de la jeunesse (initialement nommée "catholique"): "C'est une faillite pour les conservateurs qui pensaient utiliser Joseph Ratzinger pour revenir en arrière." Dans la mesure où Benoît XVI devait recevoir le chef de file des "conservateurs" de la Fraternité saint Pie X, Bernard Fellay, dès le 29 août, on peut constater à quelle ineptie peut conduire la volonté de propagande. Henri Tincq, pour le Monde (21 septembre 2004), avait décrit cette "Fraternité" en ces termes: "Cette 'fraternité' bien mal nommée de catholiques traditionalistes constitue une sorte de cancer qui ronge un organisme, l'Eglise, déjà affaibli." Et de commenter: "Quel que soit le successeur du pape actuel, ils ne sont pas assurés de retrouver demain à Rome des interlocuteurs aussi bien disposés, voire complaisants que [ ] Castrillon de Hoyos [ ] ou Ratzinger." Or c'est le "cancer" de l'Eglise qui était reçu, un an plus tard, par Ratzinger devenu pape Impossible de ne pas trouver là la confirmation de son engagement politique conservateur, c'est-à-dire d'extrême droite. Or le même journaliste se limitait à commenter: "Le résultat est loin d'être acquis, mais le pari que fait Benoît XVI est risqué." De sorte que le "cancer" devenait fréquentable et ce journaliste, toute honte bue, de fabriquer une différence ad hoc entre Fellay, "cancer" désormais de bonne compagnie, et Richard Williamson, compagnon de toujours de Fellay et transformé, lui, en "intégriste" infréquentable! Tour de passe-passe où l'alliance politique, devenue un "pari", permet de maintenir la fiction d'un Ratzinger "modéré", alors que la teneur de son engagement politique est, par ce geste, nettement signifiée et confirmée Pure propagande, dont on voit qu'elle a pour fonction de maintenir, coûte que coûte, la fiction d'un Vatican démocrate et social. La preuve, c'est qu'en sa lettre apostolique Ecclesia dei afflicta (n° 3) du 2 juillet 1988, Jean-Paul II considérait comme "schismatique" et passible de l'excommunication une liste de cinq ecclésiastiques, dont Mgr Lefebvre, Richard Williamson et Bernard Fellay!(...) Avec
l'aimable autorisation des Editions
Syllepse
nous publions ici en exclusivité l'introduction du
livre "Contre Benoît XVI - Le Vatican, ennemi des
libertés" en
quatre parties. A
lire, dans notre journal Les enquêtes
interdites N°85 de juillet 2007,
l'intégralité du chapitre "Le pape
qu'attendait l'extrême droite".
Sur
abonnement. [6] "Discours aux pèlerins allemands venus à Rome pour la messe d'intronisation du pape Benoît XVI", 25 avril 2005. Abonnez-vous
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