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Le présent livre se veut une double mise au point face à cette propagande éhontée. En sa première partie (Jocelyn Bézecourt), il donne les véritables positions du Vatican en matière de moeurs. Ainsi, le lecteur jugera sur pièces de ce que l'obscurantisme et le fanatisme, la volonté de censurer et de condamner du Vatican sont des constantes. C'est d'abord la culpabilité sexuelle qui s'imprime dès les origines pour asservir l'individu. Règles strictes, et interdits afférents, sur la sexualité, l'union libre, la procréation, ont tôt fait de forger des chaînes qui préviendront toute tentation émancipatrice. Joseph Ratzinger maintien le cap tant par son ancien poste de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi que par son accession au pontificat. En outre, l'Eglise est guettée par un mal consubstantiel à l'émancipation, et Benoît XVI renouvelle avec assiduité les imprécations de Ratzinger: matérialisme, athéisme, laïcité [7] et, de façon plus générale, la liberté d'expression, seraient, pour le maître de Rome, autant d'atteintes à la liberté de culte. Un renversement des valeurs qui fait le bonheur de toute l'extrême droite française. La seconde partie (Gérard da Silva) entend, sur différents thèmes - avec textes et contextes historiques à l'appui -, répondre à la question: quel est l'enjeu de cette mise en vedette disproportionnée de ce que pensent "quelques vieillards à Rome", pour reprendre le si pertinent constat de Ratzinger? D'une part, des chapitres sur la misogynie, la peine de mort, l'homosexualité entendent montrer comment fonctionne, depuis toujours, la logique dogmatique du Vatican et pourquoi il est illusoire ou mensonger d'en attendre une quelconque évolution émancipatrice. Des chapitres politiques sur l'absolutisme, l'Index, l'Inquisition, la laïcité, l'antisémitisme conduisent à la même conclusion, en montrant quelle logique fonctionne au cours des siècles pour le même absolutisme. Ainsi est démontrée la falsification concernant la position du Vatican vis-à-vis de l'antisémitisme. Enfin est apportée la véritable cause de l'instrumentalisation médiatico-politique du Vatican, à savoir l'alliance idéologique passée, ces récentes années, avec le libéralisme du "marché" par l'apport "social" particulier à la doctrine de l'Eglise qu'est le "principe de subsidiarité". Cette sainte alliance du libéralisme et du Vatican vient d'être amplement confirmée par la première lettre encyclique de Benoît XVI Deus caritas est, publiée le 25 janvier 2006. Après une fort dissertative comparaison d'eros et agapé, dont la différence est censée être sublimée par l'amour de Dieu, Benoît XVI en vient à faire l'éloge de la pratique de la charité dans le cadre social et politique suivant: "L'Etat qui veut pourvoir à tout, qui absorbe tout en lui, devient en définitive une instance bureaucratique qui ne peut assurer l'essentiel dont l'homme souffrant - tout homme - a besoin: le dévouement personnel plein d'amour. Nous n'avons pas besoin d'un Etat qui régente tout, mais au contraire d'un Etat qui reconnaisse généreusement et qui soutienne, dans la ligne du principe de subsidiarité, les initiatives qui naissent des différentes forces sociales qui associent spontanéité et proximité avec les hommes ayant besoin d'aide. L'Eglise est une de ces forces vives [8]." Il est aisé de reconnaître là l'Etat minimum cher aux tenants du "marché" et qui, après destruction des services sociaux publics, confie au monde associatif et caritatif lesdites fonctions dans le respect de cet apport spécifique de la doctrine sociale de l'Eglise catholique qu'est le "principe de subsidiarité", et que Benoît XVI, fort conscient de cet apport et de l'alliance passée, se plaît à citer. On comprend que la propagande va continuer, hypocritement, par les adorateurs anciens ou nouveaux du "veau d'or" qu'est le "marché"(...) Avec
l'aimable autorisation des Editions
Syllepse
nous publions ici en exclusivité l'introduction du
livre "Contre Benoît XVI - Le Vatican, ennemi des
libertés" en
quatre parties. A
lire, dans notre journal Les enquêtes
interdites N°85 de juillet 2007,
l'intégralité du chapitre "Le pape
qu'attendait l'extrême droite".
Sur
abonnement. [7]
Au sujet de ce triptyque indissociable, voir Marc
Silberstein, "Matérialisme et laïcité",
in Jean-Marc Schiappa (coord.), 1905!, La loi de
séparation des Églises et de
l'État, Syllepse, 2005. Abonnez-vous
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