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Mais il y a une seconde raison à cette mise en vedette des religions, c'est que, sous le masque et le prétexte religieux, c'est la plus obscurantiste idéologie de destruction des droits et acquis sociaux et démocratiques qui se voit recyclée, et politiquement légitimée! Ainsi, comment être, à nouveau, misogyne en toute impunité: en prétendant que c'est la tradition religieuse (n'importe laquelle, au demeurant) qui le veut! Mais aussi comment être favorable à la destruction des services publics pour un État minimum (soit: armée, police, sauvegarde territoriale selon l'article III-5 du Traité constitutionnel, refusé le 29 mai 2005), en jouant la comédie de la "charité" avec associations et organisations non gouvernementales en lieu et place des services publics Toute une part de la gauche ne vire-t-elle pas, en toute tartufferie, à la sainte adoration du "marché dans la concurrence libre", avec tous les reniements sociaux et démocratiques afférents, sous le masque historiquement conjoint du "fait religieux". Rien de tel pour ce virage forcené vers l'Ancien Régime, sa minorité de privilégiés et la masse des sans-droits, qu'un retour idolâtrique à la "main invisible du marché" de Adam Smith (1776), et au culte, à prétexte religieux, de la charité privée et d'une justice réalisable seulement post mortem Dans l'encyclique "sociale" fondatrice de 1891, Rerum novarum, Léon XIII disait que c'est d'une "abondante effusion de charité qu'il faut principalement attendre le salut". Mais surtout que le premier principe, explicitement décrit comme étant contre "les socialistes", ce sont "ces différences nécessaires, d'où naît spontanément l'inégalité des conditions". On y opposera, par le plus net clivage, le propos de Rabaut Saint-Étienne, figure - au demeurant modérée - de la Révolution française, en ses "Réflexions politiques" de 1792: "Le changement d'opinion qui se prépare se pose tout entier sur les deux mots égalité et liberté. Or jusqu'ici l'opinion politique a été fondée sur ces deux autres principes, inégalité et servitude [9]." C'est le retour vers un nouveau Moyen Âge fait d'inégalité et de servitude dont il est question aujourd'hui, sous couvert de "marché" apparié à la religion Bas les masques. Ce qui importe c'est la lutte de Rabelais (mis à l'Index dès sa création, en 1564 ) comme celle de Galilée; la lutte pour l'émancipation humaine, laquelle demeure, aujourd'hui, telle qu'aux temps de Démocrite, de Sappho, de Spartacus, lutte pour l'égalité et la liberté telle qu'au temps de Molière face au sempiternel, au caricatural Tartuffe Avec l'aimable autorisation des Editions Syllepse nous publions ici en exclusivité l'introduction du livre "Contre Benoît XVI - Le Vatican, ennemi des libertés" en quatre parties. A
lire, dans notre journal Les enquêtes
interdites N°85 de juillet 2007,
l'intégralité du chapitre "Le pape
qu'attendait l'extrême droite".
Sur
abonnement. [9]. In Précis de l'histoire de la Révolution française, Édition Servier, 1827, p. 240. Abonnez-vous
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