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En 1997, Le Nouvel Observateur le retrouve. Il vit aux Bahamas, sous l'identité de "Delavalle". La France demande officiellement son extradition. Mais, à nouveau, c'est trop tard, Schuller s'est évanoui. Plus de traces. Soudainement, le lundi 21 janvier dernier, son fils Antoine balance publiquement la planque de papa. "Il vit comme un pacha sur l'île de Saint-Domingue". Dans une longue interview parue sur Le Parisien, Antoine Schuller donne l'adresse exacte et la fausse identité sous laquelle se cache son père. Il explique aussi que "papa", "a régulièrement au téléphone ses anciens amis parisien qui savent très bien où il se trouve. Il y a des hommes politiques, un avocat... et aussi un ancien juge"! La situation de Didier Schuller devient intenable. Après une rapide réflexion, et, selon toute vraisemblance contre l'avis de ses puissants amis politiques, il décide de rentrer. Juste pour assister à la campagne présidentielle. L'Elysée s'affole. Dans un long entretien accordé au Monde, Didier Schuller explique que les sommes versées par les entreprises désireuses d'obtenir des marchés "alimentaient les caisses du RPR national et celle de la fédération des Hauts-de-Seine". Or, si la fédération des Hauts-de-Seine est sous la houlette de Charles Pasqua, le RPR national avait, à l'époque, comme président un certain Jacques Chirac. Schuller est encore plus explicite. Il déclare sur la chaîne France 2: "Quand il y a un problème dans un avion, on peut mettre en cause la compagnie, on peut mettre parfois le pilote en cause, mais il est extrêmement rare qu'on s'attaque au chef de cabine. Et bien, dans le problème des HLM, j'étais un chef de cabine". Et le pilote?" - lui demande le journaliste - "Ça me paraît clair, non?" Très clair. Les réunions de crise se multiplient à l'Elysée. Francis Szpiner, le conseiller juridique, Jean-Claude Antonietti, le magistrat détaché à la présidence, Dominique de Villepin, le secrétaire général, Claude Chirac, la fille du chef de l'Etat qui dirige la stratégie de communication de son père, travaillent dur. Il faut éviter le scandale. Si Schuller décide de tout raconter au juge, s'il décide d'éclairer les connaissances des magistrats sur les liens entre l'office HLM, le RPR national et la mairie de Paris... ça pourrait bien être la fin du "clan" Chirac. Un réseau de pouvoir qui trouve ses origines dans les années 60. Une machine bien expérimentée et bien entretenue.
Publié en 1977, Chirac ou la fringale du pouvoir est un document trop vite disparu des librairies. Heureusement, les éditions Syllepse viennent d'avoir l'excellente idée de le rééditer. "Cette réédition prend valeur de document. Voici vingt-cinq ans, elle pointait les conditions sociales de la fabrication de dirigeants sous la Ve République" nous explique Patrick Silberstein, responsable des éditions Syllepse, qui s'associe aux voeux de l'auteur en appelant à une 6e République édifiée sur des principes et des ruptures qui gagneront la confiance des citoyens. Le livre d'Henri Deligny sera donc à nouveau disponible en librairie à partir du mois de mars sous le titre: Chirac? On vous avait prévenus... En exclusivité, nous publions un chapitre de cette enquête sans concessions dans le n°12 des Enquêtes interdites. C'est une vielle histoire, elle date de 1971. Elle remonte loin, aux sources de la méthode Chirac. Quand, il y a trente ans, l'actuel président de la République française, croisa sa route avec celle de... l'Empereur du saucisson... Une histoire édifiante! "L'Empereur
du saucisson", un chapitre du livre d'Henri
Deligny: Chirac? On vous avait
prévenus... A
lire dans le n°12 des Enquêtes
interdites. Abonnez-vous!
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