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L'affaire Clearstream et les coffres de la République


Lundi 15 mai 2006




"Clearstream": La loi de la jungle



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ranz-Olivier Giesbert, directeur de l'hebdomadaire Le Point, est catégorique. En juillet 2004, Dominique de Villepin aurait commenté ainsi "l'affaire Clearstream": "Sarkozy, c'est fini. Si les journaux font leur travail, il ne survivra pas à cette affaire-là". Le Premier ministre nie ces propos... le journaliste les maintient.

Le 28 mars, 2006, le général Philippe Rondot a affirmé que dès l'été 2004, Nicolas Sarkozy était au courant "de son enquête et de ses résultats". C'est le journaliste Stéphane Denis, qui se trouve être aussi un cousin du général, qui aurait été chargé de transmettre le message au ministre. "Rondot est venu me voir", confirme Denis, "il m'a demandé de dire à Sarkozy que j'avais enquêté sur l'affaire..." Rondot précise: "Quand son nom (Nicolas Sarkozy ndrl) est apparu, je me suis efforcé d'alerter tout le monde sur le fait qu'il s'agissait d'un montage. J'ai fait passer un message à Nicolas Sarkozy par l'écrivain Stéphane Denis pour le prévenir. Stéphane Denis m'a dit qu'il avait fait passer le message". "Je lui ai répété qu'on a voulu l'abattre", se rappelle le journaliste.

"Cette histoire est démente", rétorque immédiatement Nicolas Sarkozy.

Le journaliste, cette fois encore, maintient sa version. Le général aussi... Pourtant, le même général ne semble plus revendiquer l'intégralité de la déposition qu'il a faite aux juges. Une déposition qu'il a dûment signée... "C'est vrai, aussi surprenant que cela puisse paraître, je ne savais pas que je pouvais refuser de le faire..." explique maintenant Philippe Rondot... Nous en convenons avec lui: "c'est surprenant", cette ingénuité, de la part d'un général des services secrets qui compte quarante ans de carrière à son actif.

Quant à ses interminables "notes" détaillées, le général prétend qu'elles ont été mal interprétées... Cette phrase, attribuée au Premier ministre, et notée avec diligence par le général et qui sort de la bouche de Dominique de Villepin: "Si nous apparaissons, le Président et moi nous sautons"... n'est-elle pourtant pas d'une transparence cristalline?

L'affaire Clearstream est-elle une énorme manipulation mise en place par un exécutif factieux? Le Premier ministre tente de se sauvegarder en insinuant que toute l'affaire n'est qu'une bluette inventée par des juges et des journalistes accrochés comme des moules à leur rocher...

Y a-t-il eu une manipulation dans la manipulation? (...)

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