©www.amnistia.net

 

"Nous avons dénoncé la Mafia. L'Etat nous a abandonnés"


Mercredi 26 mars 2008


A lire aussi:

Mozzarella connection

Passerelles mafieuses - Jusqu'où s'infiltre la pieuvre?

Mafia: Offensive contre les nouveaux parrains à Palerme et New York

Mafia: Le retour de l'American Connection Un récit de la rédaction... riche en révélations!

Mafia et slot-machines

Mafia: Les parrains sous écoute - Les enregistrements explosifs

Italie: menaces mafieuses

Mafia: l'homme politique inoxydable et la pieuvre

Italie: la mafia a déclaré la guerre?

Mafia: qui a peur d'arrêter le big boss?

Italie: "amnistie" pour Berlusconi et suppression d'effectifs pour la protection des juges antimafia

Italie: le magistrat et la Mafia

Tout le dossier "Le pouvoir et l'argent"

Le quotidien italien Il Manifesto a interviewé un témoin qui a dénoncé une organisation mafieuse. Il s'agit d'une jeune femme qui, avec son père, sa mère et ses deux frères a permis l'arrestation d'un certain nombre de membres de la 'Ndrangheta, l'organisation mafieuse qui règne en Calabre.

"C'était en 1992. A cause d'une vengeance, deux hommes avaient été abattus dans notre village. Nous avons témoigné et nous avons fait arrêter les assassins" - raconte la jeune femme - "Nous sommes rentrés dans le programme de protection des témoins en 1992. Toute ma famille, mon père, ma mère et trois enfants. Au début, on nous a attribué une allocation de 1 million 800 mille lires par personne (930 euros) par mois. On nous avait promis que, si nous allions témoigner, nous aurions eu une nouvelle identité et un travail. On nous a menti. Nous avons été protégés uniquement pendant la durée du procès. Après, c'était fini.
On nous a fourni une nouvelle identité, mais pas de travail. Depuis des années, nous vivons aux marges de la société. Il est impossible d'avoir une vie normale. Depuis 2001, nous sommes en dehors du programme de protection, nous tenons uniquement grâce à la retraite de ma mère, 800 euros. Et aussi, grâce à l'indemnité de handicapé que touche mon frère. Encore 800 euros. On nous a supprimé l'allocation, et maintenant l'Etat veut nous déloger du logement qu'il nous avait attribué. Ils nous ont envoyé les carabiniers et, à chaque fois qu'ils viennent, nous devons engager des longues discussions pour les convaincre de ne pas nous jeter à la rue. Et, pourtant, ils savent parfaitement qui nous sommes et ce que nous avons fait".

"Aujourd'hui, témoigneriez-vous à nouveau?" lui demande le journaliste Carlo Lania.
"Vu la façon dont je vis... je ne le sais pas. Mais je ne pense pas..."



Abonnez-vous à Amnistia.net
.


Abonnez-vous au site Amnistia.net (accès direct à tous les articles) et recevez, chaque mois, notre journal Les Enquêtes interdites (format PDF).
Découvrez nos offres d'abonnement



©www.amnistia.net
journal illustré
Tous droits de reproduction et représentation réservés
contact: redaction@amnistia.net

Rédaction: contact

Haut de page
La Une