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Avec
l'aide de la Camorra, la mafia napolitaine, toute
la région de la Campanie s'est
transformé en une vaste décharge
sauvage de déchets de toute sorte
Contrairement à ce qu'on pourrait penser,
les déchets domestiques ne
représentent pas grande chose en regard de
la quantité de déchets industriels
qui ont été disséminés
dans ces décharges clandestines.
De
nombreux industriels italiens, voire
européens, n'ont pas su résister
aux prix ultracompétitifs que proposent les
clans camorristes pour les débarrasser de
leurs ordures. Le business des décharges
clandestines génère un chiffre
d'affaires d'environ 600 millions d'euros, selon
les estimations de l'association environnementale
"Legambiente".
Il
n'y a rien d'extraordinaire dans le fait
d'annoncer que les conséquences d'un tel
business fleurissant ont un impact néfaste
sur l'environnement.
Les
analyses effectuées par la protection civile
"ont permis l'identification d'une zone dans
laquelle la mortalité
générale et les différents
taux spécifiques aux différentes
pathologies sont particulièrement
élevés par rapport aux valeurs
régionales". Cette zone comprend des
communes dans la province de Caserta (Aversa,
Capodrise, Casagiove, Casal di Principe, Caserta,
Castel Volturno, Marcianise, San Cipriano D'Aversa,
Santa Maria Capua Vetere, San Nicola la Strada et
Villa Literno) et de Naples (Afragola, Arzano,
Caivano, Casoria, Frattamaggiore, Giugliano in
Campania, Marano di Napoli, Marigliano, Melito di
Napoli, Mugnano di Napoli, Pomigliano D'Arco,
Sant'Antimo et Volla).
"Le
patrimoine environnemental est en train de
mourir" - lit-on sur un blog napolitain -
"L'élevage qui permet à
l'économie de la région de vivre,
surtout grâce à la production de
mozzarella de bufflonne, est contaminé et
les tumeurs de différentes sortes sont en
train de devenir une partie intégrante de
notre vie quotidienne
"
Jeudi
27 mars 2008 au matin, la Commission
européenne a mis en demeure les
autorités italiennes de lui fournir dans
la journée des informations sur la
contamination de lots de mozzarella. Dans la
soirée, la Commission a jugé
insuffisantes les mesures prises:
"Aucune
mesure n'a été prise pour
faire retirer les produits pouvant avoir
été contaminés. La
Commission européenne a demandé
aux autorités italiennes de prendre
d'urgence des mesures et, si cette action
s'avérait insuffisante, alors elle
proposera des mesures de sauvegarde pour les
produits laitiers originaires de la
région de Campanie".
Le
lendemain matin, les produits mis en cause ont
été retirés du marché.
Puis, en début d'après-midi, miracle:
la Commission européenne s'est
déclarée "satisfaite" des
progrès accomplis par le gouvernement
italien et "ne voit pas de raison de prendre
d'autres mesures au niveau européen à
ce stade". Nous voilà
rassurés...
Le
problème, c'est que la dioxine, qui a bel et
bien été retrouvée dans les
mozzarelles de bufflonne, est aussi
présente dans l'air, dans le sol, dans
l'eau
La dioxine est englobée dans les
systèmes des mammifères et on la
retrouve ainsi dans le lait. Dans le lait de la
bufflonne, tout comme dans le lait maternel qui
nourrit les enfants.
Il
est donc très rassurant que la
Communauté européenne
s'inquiète de la contamination des
mozzarelles... Mais ne devrait-on pas
s'inquiéter également du sort des
habitants de la Campanie?
A
lire aussi
notre dossier exclusif "Trafic d'armes et de
déchets toxiques - Les déchets de
mort à l'ombre du réseau Gladio-Stay
Behind"
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