©www.amnistia.net

 

Mozzarella connection


Vendredi 28 mars 2008

Avec l'aide de la Camorra, la mafia napolitaine, toute la région de la Campanie s'est transformé en une vaste décharge sauvage de déchets de toute sorte… Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les déchets domestiques ne représentent pas grande chose en regard de la quantité de déchets industriels qui ont été disséminés dans ces décharges clandestines.

De nombreux industriels italiens, voire européens, n'ont pas su résister aux prix ultracompétitifs que proposent les clans camorristes pour les débarrasser de leurs ordures. Le business des décharges clandestines génère un chiffre d'affaires d'environ 600 millions d'euros, selon les estimations de l'association environnementale "Legambiente".

Il n'y a rien d'extraordinaire dans le fait d'annoncer que les conséquences d'un tel business fleurissant ont un impact néfaste sur l'environnement.

Les analyses effectuées par la protection civile "ont permis l'identification d'une zone dans laquelle la mortalité générale et les différents taux spécifiques aux différentes pathologies sont particulièrement élevés par rapport aux valeurs régionales". Cette zone comprend des communes dans la province de Caserta (Aversa, Capodrise, Casagiove, Casal di Principe, Caserta, Castel Volturno, Marcianise, San Cipriano D'Aversa, Santa Maria Capua Vetere, San Nicola la Strada et Villa Literno) et de Naples (Afragola, Arzano, Caivano, Casoria, Frattamaggiore, Giugliano in Campania, Marano di Napoli, Marigliano, Melito di Napoli, Mugnano di Napoli, Pomigliano D'Arco, Sant'Antimo et Volla).

A lire aussi
notre dossier exclusif "Trafic d'armes et de déchets toxiques - Les déchets de mort à l'ombre du réseau Gladio-Stay Behind"

"Le patrimoine environnemental est en train de mourir" - lit-on sur un blog napolitain - "L'élevage qui permet à l'économie de la région de vivre, surtout grâce à la production de mozzarella de bufflonne, est contaminé et les tumeurs de différentes sortes sont en train de devenir une partie intégrante de notre vie quotidienne…"

Jeudi 27 mars 2008 au matin, la Commission européenne a mis en demeure les autorités italiennes de lui fournir dans la journée des informations sur la contamination de lots de mozzarella. Dans la soirée, la Commission a jugé insuffisantes les mesures prises:

"Aucune mesure n'a été prise pour faire retirer les produits pouvant avoir été contaminés. La Commission européenne a demandé aux autorités italiennes de prendre d'urgence des mesures et, si cette action s'avérait insuffisante, alors elle proposera des mesures de sauvegarde pour les produits laitiers originaires de la région de Campanie".

Le lendemain matin, les produits mis en cause ont été retirés du marché. Puis, en début d'après-midi, miracle: la Commission européenne s'est déclarée "satisfaite" des progrès accomplis par le gouvernement italien et "ne voit pas de raison de prendre d'autres mesures au niveau européen à ce stade". Nous voilà rassurés...

Le problème, c'est que la dioxine, qui a bel et bien été retrouvée dans les mozzarelles de bufflonne, est aussi présente dans l'air, dans le sol, dans l'eau… La dioxine est englobée dans les systèmes des mammifères et on la retrouve ainsi dans le lait. Dans le lait de la bufflonne, tout comme dans le lait maternel qui nourrit les enfants.

Il est donc très rassurant que la Communauté européenne s'inquiète de la contamination des mozzarelles... Mais ne devrait-on pas s'inquiéter également du sort des habitants de la Campanie?

A lire aussi notre dossier exclusif "Trafic d'armes et de déchets toxiques - Les déchets de mort à l'ombre du réseau Gladio-Stay Behind"



Abonnez-vous à Amnistia.net
.




Abonnez-vous au site Amnistia.net (accès direct à tous les articles) et recevez, chaque mois, notre journal Les Enquêtes interdites (format PDF).
Découvrez nos offres d'abonnement



©www.amnistia.net
journal illustré
Tous droits de reproduction et représentation réservés
contact: redaction@amnistia.net

Rédaction: contact

Haut de page
La Une