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Le
15 avril 2008 dernier, en installant la
''Commission chargée de formuler des
propositions pour réformer l'ordonnance du 2
février 1945 sur l'enfance
délinquante'', Rachida Dati, ministre de la
Justice déclarait: "Pourquoi
réformer l'ordonnance de 1945? L'ordonnance
du 2 février 1945 sur l'enfance
délinquante est ce que l'on appelle un
'texte fondateur'. Il est devenu quasiment
sacré... C'est un texte qui a perdu de son
efficacité. Pourquoi? Parce que la
société de 1945 n'a rien à
voir avec la société de 2008".
Cette déclaration fait écho à
l'article de Denis Kessler, ex-vice
président du MEDEF qui écrivait le 4
octobre 2007 dans le magazine Challenges:
"Le modèle social français est le
pur produit du Conseil national de la
Résistance. Il est grand temps de le
réformer, et le gouvernement s'y emploie. La
liste des réformes? C'est simple, prenez
tout ce qui a été mis en place entre
1944 et 1952, sans exception. Elle est là.
Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de
défaire méthodiquement le programme
du Conseil national de la
Résistance!".
En
finir avec l'espérance humaniste et
démocratique de la
Libération
L'ordonnance
de 45 sur l'enfance délinquante fut la
conséquence directe de la volonté
politique du Conseil National de la
Résistance qui exigeait dans son
programme: "La possibilité effective
pour tous les enfants français de
bénéficier de l'instruction et
d'accéder à la culture la plus
développée, quelle que soit la
situation de fortune de leurs parents, afin que les
fonctions les plus hautes soient réellement
accessibles à tous ceux qui auront les
capacités requises pour les exercer et que
soit ainsi promue une élite
véritable, non de naissance mais de
mérite, et constamment renouvelée par
les apports populaires".
A
l'époque, les législateurs, dont un
certain nombre avaient connu la prison pour fait de
résistance refusaient l'idée que
l'incarcération des enfants puisse
être la solution pour en faire "des
êtres sains". Aujourd'hui,
répondant aux exigences du MEDEF, le
gouvernement cherche à défaire
méthodiquement le programme du Conseil
national de la Résistance. L'offensive
visant à la destruction du modèle
social issu de la Libération va de pair avec
la multiplication de lois liberticides et
sécuritaires. A mesure que l'Etat social se
délite, l'Etat pénal se renforce.
Pour le gouvernement, il s'agit de liquider cette
ordonnance de 45 qui privilégie
l'éducation sur la répression afin
que les jeunes mineurs ayant commis des
délits puissent être jugés
dès 16 ans comme les majeurs. La
conséquence en sera l'augmentation
exponentielle de l'incarcération des mineurs
et le transfert des financements de la Protection
Judiciaire de la Jeunesse actuellement
consacrés aux prises en charges
éducatives aux Etablissements
Pénitentiaires pour Mineurs et aux lieux de
contention (centres fermés). Par ailleurs,
tout ce qui concerne la prise en charge des mineurs
en danger incombera aux Conseils
généraux sans contrepartie
financière de la part de l'Etat. Pour
avaliser ce projet, en totale contradiction avec
les idées humanistes et les
espérances des membres du Conseil national
de la Résistance, le Ministère de la
Justice a décidé de créer une
commission composée de 33 membres dont un
certain nombre ont un profil politique des plus
inquiétants.
André
Varinard, président de la Commission: De
Lyon 3 à la place Vendôme, un parcours
éloigné de l'esprit de la
Résistance
André
Varinard, recteur, le président de cette
''Commission chargée de formuler des
propositions pour réformer l'ordonnance du 2
février 1945 sur l'enfance
délinquante'' a fait la majeure partie de sa
carrière universitaire à
l'Université Lyon 3 dont il a
été le vice-président. Cette
université s'est tristement fait
connaître pour avoir avalisé des
thèses négationnistes remettant en
cause l'existence des chambres à gaz. Elle a
servi de terrain de prédilection et de base
arrière à des professeurs et des
étudiants d'extrême droite (du Club de
l'Horloge, de l'U.N.I, du G.U.D, du G.R.E.C.E, du
C.L.A.N, etc.), un certain nombre de ces
''intellectuels'' comme Gollnisch étant
membres du Front National. (A lire aussi
Quand
le négationnisme s'invite à
l'université,
- Le
Cercle Marc Bloch se félicite de l'exclusion
de Bruno Gollnisch de l'université Lyon
III,
- Affaire
Gollnisch: Ça suffit! La révocation
s'impose!).
Le
20 décembre 2001, le maire de Lyon demandait
à Alain Jakubowicz, avocat des parties
civiles lors du procès de Klaus Barbie
et président délégué
à l'animation du Conseil Lyonnais pour le
respect des droits "de faire toute la
lumière sur les faits de
négationnisme à Lyon 3 et les
pratiques discriminatoires qui les
accompagnent". Après enquête et
investigation, un ''Rapport sur le
négationnisme et le racisme à
l'université de Lyon'' était
rédigé par le Conseil Lyonnais pour
le Respect des Droits. Ce rapport est sans
équivoque sur le rôle d'André
Varinard à Lyon 3 et sa bienveillance
vis-à-vis de l'extrême droite
universitaire.
André
Varinard fut à l'origine de la
création de Lyon 3: "Après les
mois de conflit de l'après-Mai 1968, les
tenants de l'ordre au sein de l'université
de Lyon, notamment André Decocq (membre du
Club de l'Horloge et du SAC), Jacques Goudet
(membre fondateur de l'U.N.I, ancien responsable du
SAC et membre du Club de l'Horloge) et André
Varinard, obtiennent le droit de faire scission...
de nombreux militants notoires d'extrême
droite sont recrutés à Lyon 3, comme
Pierre Vial (fondateur du GRECE), Bernard Notin
(membre du G.R.E.C.E), Jacques Marlaud qui a
collaboré 15 ans à la radio d'Etat de
l'Afrique du Sud sous l'apartheid" (Rapport du
Conseil Lyonnais pour le respect des droits p 5
à 7).
André
Varinard a voté la création de
l'Institut d'Etudes Indo-Européennes
(1981/2001), toujours selon le rapport (p 9) remis
au maire de Lyon: "La quasi-totalité des
collaborateurs de cet institut sont des militants
d'extrême droite" et André
Varinard ne pouvait feindre d'ignorer par ailleurs
que: "Le G.R.E.C.E à travers la notion
d'Indo-Européens, cherche à
réhabiliter dans les années 70 les
théories nazies sur les Aryens. Cette
réhabilitation passe par la revue
Eléments et Nouvelle école. Face
à ces tentatives de réhabilitation la
presse française réagit. Ainsi en
1979 plus de 500 articles ou émissions dans
Le Nouvel Observateur, Le Point, Libération,
La Croix, Europe 1, France Inter, dénoncent
les activités du GRECE. Le 2 juin 1981, le
conseil scientifique de Lyon 3 adopte les statuts
d'un Institut d'études
indo-européennes (I.E.I.E. Les fondateurs
sont Jean Haudry, Jean Varenne et Jean-Paul Allard,
tous trois membres du GRECE. Ils ont
participé au colloque GRECE sur les
indo-européens en 1975... C'est donc bien en
connaissance de cause... que Jacques Goudet et
André Varinard votent la création de
l'I.E.I.E".
Et
pour finir "Le Conseil scientifique, avec Bruno
Gollnisch et André Varinard,
soutient l'I.E.I.E dans des demandes de subvention
auprès du Conseil général et
du Conseil régional" (Rapport du Conseil
Lyonnais pour le respect des droits - p.
11)
Pour
avoir soutenu en 2004 qu' "aucun historien
sérieux n'adhère intégralement
aux conclusions du procès de
Nuremberg" et qu'il fallait "laisser les
historiens discuter des chambres à gaz",
Bruno Gollnisch a été condamné
le 28 février 2008 en appel, "pour
contestation de l'existence de crime contre
l'humanité".
Les
autres membres de la commission et les
oubliés
Font
aussi partie de la Commission nommée par la
Garde des Sceaux:
-
Deux autres universitaires juristes
- La Présidente du conseil
d'administration de l'Agence Nationale pour la
cohésion sociale et
l'égalité des chances (qui vient
de quitter le Modem pour le Nouveau Centre)
- Une commissaire divisionnaire
- Un psychiatre
- Trois avocats
- Un éducateur de la PJJ
- Quatre Directeurs de la Protection judiciaire
de la Jeunesse (qui, ne nous leurrons pas,
appliqueront sans état d'âme les
consignes de la Chancellerie)
- Neuf magistrats (dont seulement trois Juges
des Enfants)
Lorsqu'elle
était substitut au Parquet de Toulon, l'une
de ces magistrats, Anne Lezer, a
été à l'origine d'une
expérimentation, dont elle a fait la
promotion lors d'un colloque en novembre 2003, en
Suisse, dans une intervention qu'elle a
intitulé: "Quels soins pour les familles
maltraitantes? Pertinence d'une aide sous
contrainte (sic)". Selon la magistrate, cette
action du parquet consistait à "Agir sur
les parents pour les inciter à
réfléchir sur leur fonction
éducative et à adopter une attitude
plus responsable..." Cette
expérimentation, qu'on pourrait qualifier de
''stage parental obligatoire sous peine de
prison'', a eu pour conséquence la
condamnation "sur la base de l'article 227-17 du
Code pénal, d'une mère à un an
de prison ferme pour manquements éducatifs
à l'égard de son fils de treize ans.
Le refus du stage parental a occasionné son
renvoi en correctionnelle. Pour la mère un
travail d'intérêt
général aurait été
peut-être plus adapté déclarait
Anne Lezer au Monde. Peut-être un peu
consciente d'être apprentie
sorcière" (Journal du Droit des Jeunes -
FNAREN -Avril 2003).
Par
contre les représentants de l'Association
Française des Magistrats de la Jeunesse et
de la Famille n'ont pas été
invités à participer à cette
commission. Cette Association n'est pourtant
pas un repère d'extrémistes et est
forte de l'expérience de cinquante
années de réflexion sur la prise en
charge judiciaire des mineurs: "Fondée en
1947, l'AFMJF est la seule association
professionnelle regroupant les magistrats
spécialisés en matière de
mineurs. Militante d'une conception humaniste de la
justice des mineurs, elle est un interlocuteur
privilégié des pouvoirs publics, des
associations et des organismes de formation et de
recherche. Elle invite les professionnels de
l'éducation et du droit à partager
ses travaux et enrichir sa réflexion"
(Site de l'AFMJF).
Quant
aux représentants des organisations
syndicales d'éducateurs (SNPES-FSU, CGT,
UNSA et CFDT) et de Magistrats (Syndicat de la
Magistrature, Union Syndicale des Magistrats), leur
présence dans la Commission aurait
été pour le gouvernement une
hérésie...A
SUIVRE...
Lire
la deuxième
partie:
La
présence d'élus politiques à
la droite de la droite - En guise de
conclusion
Nous publions cet article en 2 parties.
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Voici
le sommaire:
En finir avec l'espérance humaniste et
démocratique de la Libération
André Varinard, président de la
Commission: De Lyon 3 à la place
Vendôme, un parcours éloigné de
l'esprit de la Résistance
Les autres membres de la commission et les
oubliés
La
présence d'élus politiques à
la droite de la
droite
En
guise de conclusion
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