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Chirac-Jospin:
le pacte inavouable Par
Enrico Porsia Lundi
25 avril 2005 |
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A
lire aussi: Ce couple
improbable formé par Chirac et Jospin n'aurait
vraisemblablement jamais vu le jour sans que Nicolas Sarkozy
ne s'en mêle. Animé par une ambition
dévorante, Sarko veut, lui aussi, conquérir
l'Elysée. Encore faut-il détrôner "le
père". La
génération Sarko se veut pragmatique et
sans complexes. "Ce n'est
pas un scénario de science-fiction", affirme le
journaliste Guy Benhamou. Il a rencontré des "hommes
de l'ombre". Les architectes occultes du pacte secret.
Il a pu recueillir leurs confidences. Dans son
dernier ouvrage, il nous livre le récit de ce pacte
particulier. Tout
cela, bien évidemment, pourrait être
balayé d'un revers de manche en faisant valoir un
argument simple: il n'y a pas de preuves. Il s'agit donc
d'une simple conjecture de journaliste. Un exemple? En 1988,
au premier tour des élections présidentielles,
Chirac fait un score médiocre. Avec 20% des voix,
il sait que ses chances face à François
Mitterrand, qui le devance de 14 points, sont bien
compromises. Raymond Barre, le " troisième homme " de
l'époque, vient d'être éliminé
avec 16,5% des suffrages. Officiellement il apporte son
soutien à Jaques Chirac. "Barre va en fait profiter de l'entre-deux tours pour rencontrer secrètement François Mitterrand". Les deux hommes ont un seul sujet de discussion: la meilleure façon de faire perdre Chirac. Au même moment, ce dernier décide de jouer son va-tout en contactant Jean-Marie Le Pen qui a obtenu 14,4% des suffrages. "Charles Pasqua est la cheville ouvrière de l'opération", affirme Guy Benhamou. "Le ministre de l'Intérieur de la première cohabitation n'a pas de pudeurs de démocrate au petit pied. Il y a belle lurette qu'il a pris langue avec Le Pen. Les premiers rendez-vous ont lieu dans un parking", affirme encore le journaliste. Ensuite, c'est dans l'appartement du gaulliste Pierre Guillain de Benouville que Chirac et Le Pen se rencontrent. Une rencontre sans témoins. A l'issue de la réunion, Le Pen exhorte ses électeurs: "Pas une voix pour Mitterrand". "Barre-Mitterrand,
Chirac-Le Pen. Pacte contre pacte. François
Mitterrand l'emporte avec 54% des voix", rappelle Guy
Benhamou, qui évoque dans son livre d'autres
arrangements, très originaux, qui ont marqué
la vie politique française. Rappelons-nous
"la loi Devaquet". Des milliers d'étudiants en
grève défilaient dans la rue. Le Premier
ministre, Jacques Chirac était inquiet. Son
électorat était choqué par les images
"du désordre" retransmises chaque soir au journal de
20 heures. Décidément
les mouvements étudiants agacent au plus haut point
le pouvoir. En 1993, pour calmer les manifestants qui
exigent le retrait du contrat d'insertion
professionnelle, imaginé par le gouvernement
Balladur, Philippe Campinchi, le président de
l'UNEF-ID, est contacté. L'argent
noir "sert à rétribuer les services de
journalistes sans scrupules, de repris de justice
impécunieux ou des fonctionnaires
indélicats, troupe hétéroclite
chargée de collecter ou de colporter les informations
et les ragots les plus divers". Nous avons posé ces questions à Guy Benhamou: -- Ce que vous décrivez, c'est un univers terrible. C'est un monde divisé en clans. Où est la place du citoyen? --
Vous avez travaillé longtemps sur le dossier corse:
les agissements occultes, les alliances contre-nature, le
poids qui pèse sur une société
écrasée entre le double langage de l'Etat et
le pouvoir des clans, historiques comme nationalistes. Tout
cela ne vous est pas étranger. -- Dimanche 24 avril, Cette fois, Jospin revient, titre le Parisien. Doit-on y voir un signe? Une de ces "opérations dont la réussite donnera la poursuite du plan", du pacte secret? -- Quel poids aura le résultat du référendum pour les stratèges du pacte secret? -- Est-il vraisemblable, comme vous le soutenez dans votre livre, que ni Chirac, ni Jospin ne sont au courant des accords secrets que leurs hommes de l'ombre respectifs sont en train de négocier? --
Selon vous, Yves Bertrand, l'ancien patron des
Renseignements généraux "va pouvoir continuer
à rendre quelques menus services" à Jacques
Chirac. De l'autre côté de la barricade, dans
le clan Sarkozy, Claude Guéant, l'ancien directeur de
la police nationale, fait figure de
"général". Découvrez ses réponses: |
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