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Charles Pasqua condamné… Jusqu'où ira la chute? +2vidéos


Jeudi 13 mars 2008

Charles Pasqua, visé par plusieurs procédures judiciaires, a été condamné mercredi 12 mars 2008 à 18 mois d'emprisonnement avec sursis pour le financement illégal de sa campagne aux élections européennes de 1999.

"Vraisemblablement, il y aura un appel et Charles Pasqua a l'intention, tant que son honneur ne sera pas lavé, d'utiliser tous les moyens de droit qui seront possibles, y compris la Cour européenne des droits de l'Homme", a lancé Me Lef Forster, l'avocat du sénateur UMP.

Selon l'accusation, l'ancien locataire de la place Beauvau a bénéficié, pour sa campagne aux élections européennes de 1999, d'un don de 7,5 millions de francs (1,14 million d'euros) provenant de la revente, en 1994, du casino d'Annemasse (Haute-Savoie), dont il avait autorisé l'exploitation à deux hommes d'affaires corses, Michel Tomi et Robert Feliciaggi, ce dernier assassiné en 2006. Cette autorisation avait été accordée par le ministre malgré plusieurs avis défavorables de la Commission supérieure des jeux. Dans son jugement, "le tribunal ne peut que constater que Charles Pasqua disposait des fonds mis à sa disposition par des amis et que ces fonds n'étaient pas des fonds d'Etat".

Jugé pour abus de confiance, faux et financement illégal de campagne, le sénateur UMP des Hauts-de-Seine fait l'objet dans le même dossier d'une procédure pour corruption passive devant la Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à enquêter et à se prononcer sur des délits reprochés à des ministres en exercice.

Le tribunal a par ailleurs condamné à quatre ans d'emprisonnement, dont deux fermes, et 150.000 euros d'amende Michel Tomi, l'un des bénéficiaires de la revente du casino d'Annemasse, jugé pour "corruption active".

Cet homme d'affaires avait pour la première fois reconnu, au cours de l'audience, qu'une partie de la vente du casino d'Annemasse avait servi à financer la liste menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers au scrutin européen de 1999 (liste qui avait recueilli 13,05% des voix).

A l'audience en novembre, Charles Pasqua avait d'abord refusé de répondre aux questions du tribunal. Puis, après avoir été lâché par Michel Tomi, l'ancien ministre a proclamé son innocence.

La campagne de 1999 de Charles Pasqua a obtenu des fonds de la fille de M. Tomi, Marthe Mondoloni, qui figurait en 55e position sur la liste conduite par Charles Pasqua et Philippe de Villiers. Elle a été condamnée à un an de prison avec sursis et 150.000 euros d'amende pour recel de corruption active.

"L'ensemble des faits démontre que Michel Tomi, qui n'a obtenu l'autorisation d'ouverture du casino d'Annemasse que sur intervention personnelle de Charles Pasqua et contrairement à l'avis de la CSJ a, en contrepartie, accordé, par l'intermédiaire de sa fille, des financements à Charles Pasqua", écrivent les magistrats.

La liste menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers au scrutin européen de 1999, devait servir à l'ancien ministre de l'Intérieur de tremplin pour les élections présidentielles de 2002. Selon Charles Pasqua, ses ennuis judiciaires se sont multipliés lors qu'il avait clairement indiqué qu'il serait présent à la course pour l'Elysée en 2002. Une candidature qui aurait gêné le président Jacques Chirac.



Une chose est certaine: en 2002, après avoir lancé sa candidature, Charles Pasqua a soudainement décidé de se retirer de la course à la présidence de la République. La raison de ce retrait? L'ancien ministre de l'Intérieur ne serait pas arrivé à recueillir les signatures nécessaires pour pouvoir officialiser sa candidature.

Un argument qui a fait sourire un grand nombre d'observateurs, qui pensent que face aux affaires qui se multipliaient, face aux accusations accablantes, l'ancien homme fort de la place Beauvau aurait compris le message… et préféré, tenté, d'arrêter les frais.





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