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Pour
en savoir plus sur les
agissements de cette honorable
administration, nous vous
invitons à
lire:
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La
reforme du renseignement français est en
marche. Comme vient de l'annoncer Le
Monde:
"Les Renseignements généraux (RG) se
scindent en deux: une partie de leurs effectifs
fusionne avec la DST pour former le renseignement
intérieur (RI), une autre rejoint la
nouvelle sous-direction de l'information
générale (SDIG) au sein de la
sécurité publique (
) Mais
première surprise: la traditionnelle section
'presse-communication' des RG passe
entièrement sous la coupe RI, soumise
à l'habilitation 'confidentiel
défense'." Et voilà le
progrès.
Dans
nos dossiers "Yvan
Colonna, les RG, le journaliste et
l'éditeur"
et "Yvan
Colonna: la traque du berger passe par le
Net"
nous faisions état de l'existence d'un
cabinet noir au sein de cette administration: une
structure clandestine et occulte, qui avait pour
but de manipuler l'opinion publique.
L'ex-commissaire
principal Hubert Marty-Vrayance, qui faisait partie
de ce "réseau discret de renseignement
apparemment mis en place depuis plusieurs
années", a donné la description
suivante de cette officine parallèle:
"Un
réseau très cloisonné de
fonctionnaires et de journalistes travaillant
dans l'ombre sans se connaître, non
pas au profit de la Direction centrale des RG ou
du ministère de l'Intérieur, mais
de la seule personne du directeur central des
Renseignements généraux",
précise l'ex-commissaire principal. "Les
'agents' composant ce réseau
étaient chargés de recueillir des
renseignements à son intention exclusive,
soit parce qu'ils étaient impossibles
à recueillir dans le strict cadre de
l'institution, soit parce qu'ils étaient
destinés à l'usage personnel du
'patron', vraisemblablement dans
l'intérêt du service".
Vraisemblablement
"Commodité
supplémentaire de ce système:
ces 'agents' étaient tout à fait
officieux, ils pouvaient servir de fusibles en
cas de dérapage, afin de ne pas mettre en
difficulté Yves Bertrand". Le commissaire
Marty-Vrayance souligne aussi: "On me fit
comprendre que d'autres fonctionnaires
travaillaient comme moi, dans la même
clandestinité. On me fit valoir que cette
contribution occulte ne pouvait avoir que des
effets positifs sur le déroulement
ultérieur de ma carrière".
(1)
"Aux
RG, les enquêteurs ont une liberté
complète. Ils n'ont aucune contrainte
et peuvent bâtir toutes les
hypothèses et les interconnexions qu'ils
souhaitent afin de suggérer une
thèse... Une thèse qui peut
très bien se résumer à une
collection de rumeurs". Une collection des
rumeurs qui atterrissait dans les fameuses notes
blanches.
Les
informations contenues dans des notes totalement
anonymes constituent une arme redoutable dont les
RG sont les seuls détenteurs. Il faut
préciser que ce service constitue une
administration très particulière
à l'intérieur du monde policier. Ses
enquêtes ne sont pas inspirées par une
commission rogatoire émise par un magistrat,
et ses investigations ne sont soumises à
aucun contrôle. Ses agents cherchent
là où ils veulent, ils cherchent sur
qui ils veulent, ils cherchent comme ils le
veulent. Et, enfin, ils
rédigent ce qu'ils veulent. Leurs
enquêtes, sous couvert de l'anonymat le plus
strict, sont enfin rendues disponibles sur des
feuilles de papier dépourvues
d'en-tête (2),
sans signature, et qui atterrissent sur le bureau
du patron.
Le
directeur central des Renseignements
généraux occupe une place
importante qui lui confère, entre autres
choses, le pouvoir de choisir les notes blanches
qu'il adressera au ministre de l'Intérieur,
celles, surtout, qu'il pourra garder
précieusement, et secrètement, en
souvenir... D'autres notes "fuitent" selon le
jargon du service, et atterrissent entre les mains
de responsables politiques ou dans les
rédactions... afin que des affaires
"sortent".
De
nos jours, les citoyens disposent d'un droit de
regard.... bien formel. Toute personne peut, en
effet, exiger d'avoir accès à sa
propre fiche de RG
ou a ce que le service
veut bien montrer pour sauver les apparences...
d'une transparence invisible!
"Combien
de carrières, combien de situations ont
été brisées ces
dernières années par la seule
existence d'une note blanche défavorable
colportant des ragots invérifiables",
témoigne Patrick Rougelet, un ancien
commissaire principal de cette honorable
administration, mis soudainement à la porte
en 1996.
Soyons
rassurés. Désormais, cette honorable
administration sera couverte par le secret
défense. Les notes anonymes deviennent
donc secrètes.
Circulez,
il n'y a rien à voir. Vous êtes
sous contrôle. Et vive le progrès!
(1)
Yves
Bertrand a toujours démenti l'existence d'un
quelconque "cabinet noir" dans son service.
L'ancien patron des RG a toujours affirmé de
n'avoir jamais agi sans l'accord de sa
hiérarchie.
(2)
Depuis
2002, les notes des RG doivent porter
l'en-tête du service, même si elles
sont toujours dépourvues de la signature du
fonctionnaire qui les a rédigées. Les
notes des RG restent donc anonymes. Demain elles
seront secrètes...
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