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Yves
Bertrand, l'ancien directeur central des
Renseignements généraux entre
1992 et 2004, a été convoqué,
jeudi 13 mars, par le juge d'instruction Roger Le
Loire. L'ancien patron des RG a été
entendu, à titre de témoin, dans
l'affaire des caisses noires de l'UIMM dont 19
millions d'euros en liquide se sont
évaporés dans la nature entre 2000 et
2007.
Le
juge, Roger Le Loire semble s'intéresser
particulièrement à la "piste
universitaire", une piste qui a
été évoquée au cours de
leurs gardes à vue respectives par Denis
Gautier-Sauvagnac et son adjoint Dominique de
Calan. Il s'agissait, "d'une aide financière
à des instances universitaires" et plus
précisément "du financement d'un
syndicat étudiant de droite, à
hauteur de 30.000 euros par an".
Dans
son livre Je ne sais rien mais je dirai presque
tout (Plon), l'ancien directeur central des RG
raconte que des "enveloppes" du patronat de la
métallurgie ont servi à financer la
campagne de Valéry Giscard d'Estaing en
1974: "Seuls quelques naïfs croient encore que
VGE a pu mener campagne en 1974 avec les maigres
moyens humains des Républicains
indépendants. (...) Sa logistique, son
service d'ordre, ce sont les 'petits gars' d'Ordre
Nouveau", un groupuscule d'extrême-droite,
"qui les ont assurés grâce aux
enveloppes en liquide" de l'UIMM. Et d'ajouter que
ce "n'est pas non plus un hasard qui a amené
les membres d'Ordre Nouveau à y participer:
ils haïssaient les gaullistes
[après] l'indépendance
accordée à
l'Algérie".
"Des
preuves existent de l'implication de l'UIMM dans
certaines campagnes politiques. C'est un fait
historique", explique sans détours,
Joseph Pinard, agrégé d'histoire,
ancien député (PS), au journaliste de
Libération Karl Laske. "Des dizaines
de millions d'euros en liquide sortis de l'UIMM, on
sait encore peu de chose. Mais le doute a
été bien vite jeté sur les
syndicats. Je m'étonne que rien n'ait
été signalé par les
médias sur les largesses passées du
syndicat patronal. Des preuves existent pourtant de
son implication dans certaines campagnes
politiques. Dès l'après-guerre, la
fraction dure du patronat en particulier dans la
métallurgie y joue un rôle en
soutenant à sa tête d'anciens
collaborateurs, condamnés à la
libération: Georges Albertini, ex-bras droit
de Marcel Déat au Rassemblement national
populaire, et Claude Harmel, ancien cadre de ce
parti pro-nazi. Alors qu'en 1943, il s'en prenait
par écrit aux 'cervelles talmudiques',
Harmel se reconvertit dans le combat anticommuniste
de la guerre froide dès 1949. Il fonde
l'Association pour la liberté
économique et le progrès social
(Aleps), grâce à des fonds patronaux,
et l'institut supérieur du travail (Ist)
pour former les cadres d'entreprise à
l'action antisyndicale. Le 12 décembre 2006,
l'anniversaire des quarante ans de l'Aleps a
été célébré dans
les locaux de l'UIMM à Neuilly, en
présence d'Alain Madelin, ancien ministre,
et d'Hervé Novelli, alors
député, mais aujourd'hui
secrétaire d'Etat chargé des
entreprises".
L'ancien
président de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac
a jusqu'à présent refusé
de donner à la justice les noms des
bénéficiaires des financements
occultes: ce "ne serait pas bon, du point de vue de
l'intérêt général",
a-t-il soutenu, sans rire, le 15 janvier 2008, lors
de sa mise en examen. Décidément, le
surréalisme est de rigueur!
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Yves
Bertrand, a été le directeur
central des Renseignements
généraux entre 1992 et 2004.
12 ans de règne sur le service de
renseignement de la place Beauvau, ce
n'est pas rien... ça donne le temps
de mettre en place un "cabinet noir" aux
ordres du directeur du service. Un
réseau très cloisonné
de fonctionnaires et de journalistes
travaillant dans l'ombre sans se
connaître... Découvrez
comment fonctionnait ce réseau
original. Lisez
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