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Assurance-maladie: La privatisation programmée


Lundi 8 août 2005


Par José Caudron, Jean-Paul Domin, Nathalie Hiraux, Catherine Mills



José Caudron, Jean-Paul Domin, Nathalie Hiraux, Catherine Mills, Assurance-maladie: la privatisation programmée
©2005, Editions Syllepse.
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Nous publions avec l'aimable autorisation des Editions Syllepse un extrait du livre "Assurance-maladie: la privatisation programmée". ©2005, Editions Syllepse.

Le plan Douste-Blazy prétend sauvegarder l'assurance maladie alors qu'en réalité il vise à organiser son asphyxie financière et à institutionnaliser la montée des dépenses privées. Il est traversé par l'obsession de réduire les prélèvements obligatoires et avant tout les cotisations sociales, particulièrement les cotisations patronales, coupables selon la logique ultra-libérale, de peser sur le coût du travail en constituant une entrave à la compétitivité et à l'emploi. Il veut faire admettre l'idée que la santé des populations ne concernerait pas les entreprises et qu'il faudrait les exonérer de participer à son financement, alors qu'elles sont responsables, par leur type de gestion, de la dégradation de la santé au travail des salariés et qu'elles bénéficient d'une productivité du travail accrue par un système de santé socialisé.

La loi Douste-Blazy s'inscrit dans la réforme libérale préconisée par le Medef. Elle postule que la dépense de santé serait un poids pour l'économie alors qu'elle est au contraire facteur de croissance et de création d'emploi. Elle vise à refuser les moyens de financer la dépense publique de santé, alors que les besoins de santé vont s'élever en relation avec le niveau de développement, le vieillissement, le progrès scientifique et technique médical. Les dépenses de santé doivent aussi s'accroître afin de s'attaquer aux inégalités sociales de santé, en relation aussi avec les exigences de développer la prévention, d'améliorer les taux de remboursement et la nécessité de créations d'emplois et de formations, tant à l'hôpital que pour les soins de ville, afin de sortir de la crise de la démographie médicale et du rationnement comptable. En refusant les moyens de financement qui contribueraient à un système de santé rénové, la loi Douste-Blazy cherche à organiser l'éclatement de notre système de santé.

L'irrésistible ascension de la dépense privatisée institutionnalisée par le plan Douste-Blazy, et la marche vers un système de santé à plusieurs vitesses vont conduire, comme le montrent les exemples étrangers (notamment ceux des États-Unis et des Pays-Bas) à des coûts plus élevés, à une explosion des inégalités et à une dégradation des indicateurs de santé.

Ce plan, injuste et inefficace en ce qui concerne son financement, établit un engrenage au niveau de l'offre de soins comme de l'organisation et de la "gouvernance" du système. Il faut en dénoncer l'idéologie à la fois libérale extrême et policière, contraire à la déontologie et à l'éthique médicale comme aux libertés. Il faut en montrer la gravité, car il ne s'agit pas d'un énième plan de redressement, mais du démantèlement programmé de notre système de santé pour le recomposer en un nouveau système dominé par la montée du privé : un système éclaté, à plusieurs vitesses, inégalitaire, qui vient saborder toutes les bases de notre système de sécurité sociale solidaire. (…)

-- Qui soutient encore la réforme Douste-Blazy?
-- La mesure du médecin traitant est-elle applicable?
-- Le dédale des parcours de soins coordonnés
-- Une médecine à plusieurs vitesses institutionnalisée
-- La déshérence de l'hôpital public
-- L'incapacité de la réforme à juguler les déficits

Un important extrait du livre "Assurance-maladie: la privatisation programmée", est publié dans notre journal Les Enquêtes interdites n°61-62, numéro double, été 2005.
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