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Assurance-maladie:
La privatisation programmée
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Par
José Caudron, Jean-Paul Domin, Nathalie
Hiraux, Catherine Mills
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Nous
publions avec l'aimable autorisation des Editions Syllepse
un extrait du livre
"Assurance-maladie:
la privatisation programmée".
©2005, Editions
Syllepse.
Le
plan Douste-Blazy prétend sauvegarder l'assurance
maladie alors qu'en réalité il vise à
organiser son asphyxie financière et à
institutionnaliser la montée des dépenses
privées. Il est traversé par l'obsession
de réduire les prélèvements
obligatoires et avant tout les cotisations sociales,
particulièrement les cotisations patronales,
coupables selon la logique ultra-libérale, de peser
sur le coût du travail en constituant une entrave
à la compétitivité et à
l'emploi. Il veut faire admettre l'idée que la
santé des populations ne concernerait pas les
entreprises et qu'il faudrait les exonérer de
participer à son financement, alors qu'elles sont
responsables, par leur type de gestion, de la
dégradation de la santé au travail des
salariés et qu'elles bénéficient d'une
productivité du travail accrue par un système
de santé socialisé.
La loi
Douste-Blazy s'inscrit dans la réforme
libérale préconisée par le Medef. Elle
postule que la dépense de santé serait un
poids pour l'économie alors qu'elle est au
contraire facteur de croissance et de création
d'emploi. Elle vise à refuser les moyens de financer
la dépense publique de santé, alors que les
besoins de santé vont s'élever en relation
avec le niveau de développement, le vieillissement,
le progrès scientifique et technique médical.
Les dépenses de santé doivent aussi
s'accroître afin de s'attaquer aux
inégalités sociales de santé, en
relation aussi avec les exigences de développer la
prévention, d'améliorer les taux de
remboursement et la nécessité de
créations d'emplois et de formations, tant à
l'hôpital que pour les soins de ville, afin de sortir
de la crise de la démographie médicale et du
rationnement comptable. En refusant les moyens de
financement qui contribueraient à un système
de santé rénové, la loi Douste-Blazy
cherche à organiser l'éclatement de notre
système de santé.
L'irrésistible
ascension de la dépense privatisée
institutionnalisée par le plan Douste-Blazy, et la
marche vers un système de santé à
plusieurs vitesses vont conduire, comme le montrent les
exemples étrangers (notamment ceux des
États-Unis et des Pays-Bas) à des coûts
plus élevés, à une explosion des
inégalités et à une dégradation
des indicateurs de santé.
Ce plan,
injuste et inefficace en ce qui concerne son financement,
établit un engrenage au niveau de l'offre de soins
comme de l'organisation et de la "gouvernance" du
système. Il faut en dénoncer
l'idéologie à la fois libérale
extrême et policière, contraire à la
déontologie et à l'éthique
médicale comme aux libertés. Il faut en
montrer la gravité, car il ne s'agit pas d'un
énième plan de redressement, mais du
démantèlement programmé de notre
système de santé pour le recomposer en un
nouveau système dominé par la montée du
privé : un système éclaté,
à plusieurs vitesses, inégalitaire, qui vient
saborder toutes les bases de notre système de
sécurité sociale solidaire.
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Qui soutient encore la réforme Douste-Blazy?
-- La mesure du médecin traitant est-elle
applicable?
-- Le dédale des parcours de soins
coordonnés
-- Une médecine à plusieurs vitesses
institutionnalisée
-- La déshérence de l'hôpital public
-- L'incapacité de la réforme à juguler
les déficits
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