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"Quand
j'étais président de la
République, nos services secrets
m'informèrent que c'étaient les
Français qui avaient provoqué le
massacre. La thèse, c'est qu'ils
savaient que l'avion de Kadhafi devait passer
[dans la zone]". 28 ans après les
faits, l'ancien président de la
République italienne, Francesco Cossiga
semble retrouver sa mémoire.
Nous
étions en 1980. La France était en
conflit avec Tripoli à propos du Tchad.
L'Elysée avait-il donné l'ordre
d'abattre l'avion du dictateur libyen Kadhafi,
qui devait transiter dans l'espace aérien
italien?
Serait-ce donc à cause d'une erreur de tir
qu'un missile français a abattu un avion de
ligne italien, près de Ustica (petite
île au Nord de la Sicile) avec 81 personnes
à bord?
"Cossiga
arrive aux mêmes conclusions que moi -
affirme le juge Rosario Priore, chargé
de l'enquête - même si je n'a pas pu
déterminer la nationalité,
américaine ou française, de l'avion
militaire qui aurait tiré le missile",
précise le magistrat.
Nos
services secrets, - souligne Francesco
Cossiga-, au temps où j'étais
président de la République, ont
informé le secrétaire d'Etat de
l'époque Giuliano Amato, et moi-même,
que les Français avaient lancé depuis
un avion de leur Marine un missile, non pas
à impact, mais à
résonance.
L'ancien
président de la République italienne
est-il crédible? N'oublions pas que
Francesco Cossiga, comme il le reconnaît
lui-même, a fait sa carrière politique
à l'intérieur du réseau
atlantiste occulte Gladio (voir notre dossier
exclusif "Le
réseau Gladio et la démocratie
confisquée").
En Italie, ce réseau secret, à la
botte de Washington, passait la plupart de son
temps à préparer un coup d'Etat
militaire dans le cas où un gouvernement de
gauche aurait vu le jour dans le pays.
L'agence
de presse spécialisée Avionews met en
doute la version donnée par l'ancien
"gladiateur" Francesco Cossiga:
A
"résonance", le missile qui a frappé
le DC-9 de Itavia?
"En général, des missiles air-air de
ce type, équipés d'un guidage radar
semi-actif, comme pour le missile français
R-530 de chez Matra BAe Dynamics, utilisent une
tête à fragmentation contenant 30 kg
d'explosif de haute puissance", explique l'agence
de presse. "C'est pourquoi la puissance de
l'explosion, même se produisant à
quelques mètres de l'avion, aurait dû
le détruire en grande partie pendant qu'il
était encore en vol. Mais il ne semble pas
que ce soit arrivé", précise Avionews
avant de souligner que: "Il est plus probable que
le missile qui a frappé le DC-9, dans le cas
où il a été lancé
depuis un avion, soit beaucoup plus petit et
à guidage infrarouge, comme par exemple le
Magic, français lui aussi, et produit par la
même Matra BAe Dynamics. Comme tous les
missiles infrarouges, il suit la traîne de
chaleur émise par les réacteurs d'un
avion et, pratiquement, va entrer dans la
tuyère du moteur, où il
explose".
Une
autre hypothèse semble néanmoins
attirer l'attention de l'agence de presse
Avionews: "Une hypothèse qui a
été avancée ces
dernières années, c'est que le
missile en question était un AIM-9
Sidewinder, très semblable pour sa puissance
destructive au Magic français, et qui a
été produit à plus de 150.000
exemplaires par les entreprises US Raytheon Systems
et Lockheed Martin (division Loral Space), et
adopté par la plupart des nations
adhérentes de l'OTAN. Parmi elles, l'Italie,
qui en a équipé ses F-104G
d'interception, dont beaucoup étaient
basés à l'aéroport militaire
de Rimini. Ces avions étaient le bras
armé aérien de la défense
nationale italienne".
28
ans après les faits, les
révélations de Francesco Cossiga
sont-elles inspirées par un soudain
désir de vérité ou bien,
l'ancien gladiateur n'a-t-il pas encore fini
d'exercer l'art de la manipulation?
Dans
ce cas précis, l'ancien gladiateur ne
pourrait-il pas être tenté
d'accuser la France
pour blanchir
l'OTAN?
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