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Qui se cache derrière les tueurs? Comment les killers ont-ils pu s'approcher si facilement d'un homme qui se savait menacé et l'abattre, presque à bout portant, au beau milieu de son fief? A nouveau, du côté des autorités serbes, aucun détail sur des pistes possibles a été émis. Et pourtant... depuis trois ans, beaucoup de monde s'est fait cribler de balles en marchant dans les couloirs du sinistre pouvoir serbe. Le premier à être éliminé à coups de mitraillette, fut Rade Caldovic. Il était le big boss de la mafia serbe de Francfort. A ses côtés trouva la mort Maja Pavic, jadis demoiselle d'honneur au mariage d'Arkan avec la populaire chanteuse Svetlana Raznatovic, reine de l'ultranationaliste turbofolk (dont la soeur aurait été blessée au cours de la fusillade à l'Intercontinental). Ensuite, ce fut le tour de Nebojsa Djordjevic et de Vukasin Gojak. Ils étaient officiers de la milice des "Tigres". Vladna Kovacevic, le boss de la contrebande, était quant à lui ami et associé de Marko Milosevic, le fils de Slobodan (voir notre édition du 12.10.99), quand il fut assassiné il y a deux ans... tout comme Zoran Todorovic, richissime importateur de pétrole, ou Slobodan Miljkovic, nom de guerre "Luger", commandant d'une unité paramilitaire communément appelée "Sivi Vukovi"(les loups gris). Il fut tué le 7 août 1998. Au milieu de ce boulevard de cadavres, une place particulière est réservée sans doute à Radovan Stojicic. "Badzda", pour les intimes, était très proche d'Arkan (Radovan Stojicic s'était "illustré" comme commandant des escadrons de la mort serbes, notamment à Vukovar). Il était, surtout, le chef de la police et occupait la fonction de vice-ministre de l'intérieur serbe, en jouant ainsi le rôle de "pont" entre le boucher-président, Milosevic, et les milices de l'exterminateur Arkan. Le 10 avril 1997, pendant qu'il commandait un plat de pâtes chez "Mamma mia", restaurant italien de Belgrade, un individu, assis à une table voisine, s'est soudainement levé en l'abattant, avec un pistolet muni de silencieux. A côté du cadavre, on trouva une mallette contenant 700 mille deutsche mark en liquide... rien d'extravagant, pour celui qui, selon la rumeur, contrôlait le trafic de la drogue en ex-Yougoslavie ainsi qu'une grosse partie de la contrebande au Monténégro. Comme par hasard, ce meurtre coïncida avec le début de la crise ouverte entre le régime serbe de Milosevic et le Monténégro. Accusé d'être sponsorisé par les multinationales du tabac, l'establishment du président monténégrin Djukanovic, aurait ainsi pris le contrôle de la contrebande des cigarettes en mer Adriatique. Un "marché" qui était jusque là sous le contrôle du jeune Marko Milosevic... Mafia, services secrets et corruption en tous genres, voici le cocktail qui régit les pouvoirs en ex-Yougoslavie. Ce n'est donc pas étonnant que, dans ce panier de crabes, ce soient les parenthèses de "paix" qui "sont mises à profit" pour les règlements de comptes. Car, pendant la guerre, c'est le nettoyage ethnique, avec la spoliation des biens des victimes, qui réunit tous les bourreaux autour du même profit.
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