©www.amnistia.net

Abonnez-vous à Amnistia.net


L'épidémie meurtrière qui frappe le clan Milosevic

Mercredi 26 avril 2000



21h30, hier soir dans la proche banlieue de Belgrade. Le directeur général de la compagnie aérienne yougoslave (Jugoslovenski Aerotransport, Jat), Zivorad Petrovic, 62 ans, vient de sortir de la maison de ses parents. Deux hommes surgissent à l'improviste et ouvrent le feu. Une longue rafale d'arme automatique, tirée presque à bout portant. Zivorad Petrovic, touché à la tête, s'écroule sans vie sur le trottoir.

Les intimes l'appelaient Zika, et il faisait partie du "premier cercle" de Milosevic. Il était né dans le même village que Slobodan et c'était bien plus qu'un fidèle; il était un ami de famille. D'ailleurs, il était apparu au grand jour lors des accord de Dayton, sur le partage de la Bosnie, en 1995. A l'époque, Zika avait fait le déplacement jusque dans l'Ohio non pas en tant que membre de la délégation yougoslave, mais bel et bien en tant que... ami personnel du grand chef, Slobodan! Rien d'étonnant donc si on le retrouve aussi parmi les membres du parti Jul, fondé par la "première femme du pays" en personne, Mira Markovic, épouse Milosevic.

Selon des sources proches du régime serbe, ce nouveau meurtre est "un assassinat dont les origines sont extérieures (au pays) et dont le seul but est de déstabiliser le pays". Par contre, selon d'autres sources proches de l'opposition, Zika avait mis en place, à travers la compagnie aérienne nationale, un vaste dispositif de blanchimement d'argent. Il se serait occupé directement des fonds de "la contrebande" gérée par le régime.

Tout le dossier
"La crise des Balkans"
Récemment Zivorad Petrovic, avait annoncé la privatisation de la compagnie aérienne nationale, qui, ayant été privée d'escales depuis la guerre des Balkans, était en prise à d'énormes difficultés économiques. Cependant, selon certains observateurs, cette vente aurait été l'occasion pour le régime de Belgrade de "légaliser" un grosse partie de ses "caisses noires", et cela aux frais d'un pays où les queues devant les boulangeries s'allongent de jour en jour.

Depuis le début de l'année, à la frontière des affaires et du régime, il y a déjà eu 4 assassinats. En janvier, Zeljko Raznjatovic, Arkan, flingué au beau milieu de son fief, l'hôtel Intercontinental (voir notre édition du 17.01.2000), en février, Pavle Bulatovic, ministre de la défense, criblé de balles pendant qu'il dînait dans son restaurant préféré (voir notre édition du 08.02.2000), ensuite, en mars ce fut le tour du chef paramilitaire Branislav Lainovic de tomber sous les rafales de mitraillette dans le hall de l'hôtel Serbia... et la liste vient de s'allonger en ce mois d'avril.



Abonnez-vous au site Amnistia.net (accès direct à tous les articles) et recevez, chaque mois, notre journal Les Enquêtes interdites (format PDF).
Abonnements: 4 euros 15 jours | 18 euros 3 mois | 50 euros 1 an


©www.amnistia.net
journal illustré
Tous droits de reproduction et représentation réservés
contact: redaction@amnistia.net

Rédaction: contact

Haut de page
La Une