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Encore
un cadavre proche de Milosevic Lundi
15 mai 2000 |
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Il n'en aura pas le temps. Un homme surgit... au milieu de trois vaches d'exposition... Il appuie le canon de son pistolet sur la tempe du gouverneur et fait feu. Une seule fois. En rallongeant encore d'un nom la liste de cadavres qui s'accumulent autour du régime de Milosevic (voir nos éditions du 28.04.2000, du 26.04.2000, du 08.02.2000 et du 17.01.2000). La télévision d'Etat a eu, néanmoins, un "beau scoop". La séquence de l'arrestation du tueur c'était "du direct". On voyait son visage en gros plan, plaqué au sol sous le pied d'un flic. Il a été identifié immédiatement. Il s'appelle Milivoje Gutovic, est né en 1950 et travaillait... comme agent de sécurité au salon des expositions! Une place difficile à obtenir sans avoir... des bonnes références. C'est à dire, sans être pistonné. C'est une réalité dans la fédération soumise au régime criminel et mafieux de Slobodan Milosevic. "C'est un traître, un terroriste fasciste appuyé par Vuk Draskovic (un leader de l'opposition, ndlr) nous avons trouvé les preuves en perquisitionnant chez lui!" C'est immédiat, le régime accuse. "Milivoje Gutovic est un militant de Otpor (le mouvement d'opposition "résistance", ndlr), il est aussi bisexuel... et il fait partie des mercenaires de l'Otan..." A la commémoration du défunt, où le régime était présent au grand complet, chaque hiérarque rajoutait son commentaire. "Otpor est une organisation armée créée par l'étranger. Ce sont des fascistes qui emploient les méthodes des brigades rouges", s'exclame d'un ton martial Goran Matic, le ministre de l'information, avant de menacer solennellement que "si des responsables de cette organisation se présentent à la manifestation (de l'opposition, prévue cet après-midi à Belgrade, ndlr) ils seront arrêtés." Comme pour souligner la menace, Vladimir Pavlov, un responsable du mouvement Otpor à Novi Sad se retrouvait tout de suite emprisonné, en compagnie d'un journaliste d'une radio indépendante et de Dragan Jelic, le responsable local du SPO (le mouvement du renouveau serbe de Vuk Draskovic, ndlr). "Je suis sûr que les commanditaires de l'assassinat étaient présents dans la salle de commémoration!" La réplique de Vuk Draskovic est tout aussi immédiate. "Le chef du gouvernement de la Voïvodine était un homme de dialogue, il faisait partie des hommes politiques tolérants". Bosko Perosevic avait quarante-trois ans, il était le gouverneur, et aussi le plus haut responsable du parti de Milosevic (le SPS) en Voïvodine. Jusqu'en 1980, en cette riche région agricole, coexistaient pacifiquement deux millions de personnes appartenant à, au moins, 26 ethnies différentes. Cette région, qui n'a jamais connu une véritable situation de forts conflits internes, jouissait autrefois d'une très forte autonomie (à l'époque de Tito). Son statut particulier avait été supprimé par Milosevic. Bosko Perosevic, en profitant de cette fin de règne, avait-il eu l'idée de le revendiquer à nouveau? |
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