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Belgrade, nouveau pouvoir ou ancien cauchemar?

par Zeno

Lundi 9 octobre 2000


Milosevic a perdu, mais l'ultranationalisme serbe est toujours au pouvoir. Voici la toute première considération que nous pouvons faire après l'intronisation du nouveau président "de la Yougoslavie", Vojislav Kostunica. En effet, si le régime incarné par le criminel Slobodan Milosevic est tombé nous n'entendons aucune critique, de la part du nouveau président, face aux atrocités commises au nom de la "Grande Serbie" sous "le règne de Slobodan". Bien au contraire, nous avons l'impression que le nouvel homme fort de Belgrade s'applique déjà à relire, sur une copie conforme, le refrain ultranationaliste qui servait d'évangile à son prédécesseur.

Dès ses premières déclarations, le nouveau président n'a pas cru opportun de s'exprimer sur sa conception du pluralisme, ni sur son programme de "démocratisation" du pays. Par contre, il a appuyé son argumentaire en expliquant que ses préoccupations prioritaires étaient, "la sérénité pour tous, le retour du Kosovo sous la souveraineté nationale ainsi que la consolidation des rapports avec le Monténégro". La sérénité pour tous? Comment ne pas mettre en parallèle cette "priorité" présidentielle avec la promesse solennelle faite par Kostunica de ne pas livrer le boucher Milosevic au Tribunal International de La Haye, ni d'envisager sérieusement qu'il puisse être jugé par un tribunal serbe? Cette prise de position, ne s'apparente-t-elle pas à un aval pur et simple du nettoyage ethnique, et du génocide? Et, quand le nouveau président promet le retour du Kosovo sous le joug de Belgrade, n'y a-t-il pas là une menace évidente pour les deux millions de Kosovars qui n'envisagent même pas un seul instant de se retrouver, encore une fois, broyés par la machine destructrice du nationalisme ethnique serbe? Quant au Monténégro, en s'abstenant massivement aux élections du 24 septembre, 80% de la population de ce pays n'a-t-elle pas clairement manifesté sa volonté de séparer son propre destin de celui de la "Grande Serbie"?

Le nouveau pouvoir serbe a-t-il vraiment l'intention de tourner la page ou tout simplement de puiser dans les sources ultranationalistes pour rééditer un nouveau cauchemar?

La question est posée.

Tout le dossier "La crise des Balkans"

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