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Crimes et diplomatie: Quand la Suisse ordonne à l'ex-procureure du TPI de se taire…


Samedi 12 avril 2008


L'ancienne procureure du TPI et actuelle ambassadrice de Suisse en Argentine Carla Del Ponte.
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L'ex-procureure du Tribunal pénal international (TPI), Carla Del Ponte raconte dans son livre "La chasse. Moi, et les criminels de guerre" que l'UCK (Armée de libération du Kosovo) a massacré 300 Serbes pour prélever leurs organes et les vendre à des trafiquants internationaux. Les faits remontent à 1999 et, selon Carla Del Ponte, Hashim Thaci, l'actuel chef du gouvernement kosovar, était parfaitement au courant de cette affaire. Une affaire qui n'a pourtant jamais été élucidée…

Les révélations de l' ancienne procureure du Tribunal pénal international sur les agissements de l'UCK n'ont visiblement pas été appréciées par les autorités suisses: Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a en effet interdit à l'ex-procureure de participer à une conférence de presse à Milan pour promouvoir son livre, publié jusqu'à aujourd'hui uniquement en italien.

"L'ouvrage n'a rien à voir avec l'activité actuelle de Mme Carla Del Ponte en tant qu'ambassadrice de Suisse", précise le porte-parole du DFAE Jean-Philippe Jeannerat. "Il y a dans le livre des déclarations qui ne peuvent être faites en tant que représentante du gouvernement suisse. Dès lors, des activités de promotion de l'ouvrage ne sont pas compatibles avec la fonction de Mme Carla Del Ponte". Carla Del Ponte a été en effet nommée ambassadrice de la Confédération helvétique en Argentine.

Le sénateur Dick Marty, président de la Commission de politique extérieure suisse, rappelle que "Carla Del Ponte n'écrit plus en son seul nom. Diplomate, elle fait partie d'une hiérarchie. Son livre aborde des questions qui peuvent affecter les liens diplomatiques entre la Suisse et d'autres pays".

Concernant les accusations de trafic d'organes, Dick Marty note que "cela pose la question de savoir si l'on a vraiment mis les moyens nécessaires pour trouver la vérité".
Mais, pourquoi, donc Madame Del Ponte ne s'est-elle pas donné les moyens de faire la lumière plus tôt?

"Des passages explosifs" du livre "mettent en cause des acteurs clés aujourd'hui aux affaires dans les Balkans. Par exemple, le chef du gouvernement de la République du Kosovo, Hashim Thaci, qui est soupçonné d'avoir participé, comme chef de guerre, à un commerce d'organes prélevés sur des Serbes assassinés par l'Armée de libération du Kosovo. Des faits qui remonteraient à 1999 et qui n'ont jamais eu de suites juridiques, faute de preuves", écrit, mardi 8 avril 2008 le quotidien suisse Le Temps.

L'ex-procureure explique qu'au cours d'une mission dans le Centre Nord de l'Albanie, les enquêteurs du TPI ont retrouvé un baraquement qui abritait du matériel sanitaire. Intrigués, ils ont poussé leur enquête et, très rapidement, les enquêteurs ont découvert que le baraquement avait servi de "clinique". C'est ici, entre Kukes et Tropoja, que des prisonniers serbes étaient conduits à mourir. On leur prélevait les organes pour en faire commerce et on faisait disparaître les corps mutilés.

En janvier 2003, Carla del Ponte a accusé des responsables de l'UCK du meurtre de 60 prisonniers serbes. Le principal accusé était Ramush Haradinay. Il était visé par 37 chefs d'inculpation. L'ex-procureure du TPI avait requis 25 ans de prison à son encontre. Il a été acquitté.
Etrange? Pas vraiment, quand on sait que tous les témoins à charge avaient été éliminés.



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