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Les
trésors de Milosevic Par
Raphaël Gardel Mercredi
14 mars 2001 |
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A l'aéroport de Larnaca, se posaient régulièrement des avions de la compagnie yougoslave JAT. Ici, comme elle-même l'a déclaré aux enquêteurs, les attendait madame Borka Vucic. Autrefois collègue de Milosevic quand il exerçait la profession de banquier, elle avait fait une brillante carrière à la Beogradska Bank quand Slobo s'était reconverti comme dictateur. C'était donc la fidèle madame Vucic qui avait pour mission de réceptionner les espèces qui s'envolaient de Belgrade pour se poser sur l'île de Chypre. Sur un seul compte qu'elle contrôlait à la succursale de la Beogradska Bank aurait transité la modique somme d'environ 1 milliard de dollars. Selon des enquêteurs yougoslaves, une partie de l'argent qui aurait trouvé asile à la succursale chypriote de la Beogradska Bank provenait aussi de France. En plein centre de Paris, à côté de l'Etoile, la banque Franco-Yougoslave dispose d'un bureau. Vers la fin des années 80, Miodrag Zecevic, lui aussi un ancien collègue de Milosevic à l'époque de la Beogradska Bank, fut envoyé à Paris afin de s'occuper de cette petite banque bien discrète. En 1996 monsieur Zecevic préleva plus d'un million de dollars directement d'un compte que la Banque Nationale Serbe avait ouvert auprès de la banque Franco-Yougoslave. Ensuite il transféra l'argent sur des comptes de particuliers à la Barclays Bank et au Crédit Suisse. D'ici, insoupçonnablement, une partie des dollars prenait la direction de Chypre, pour finir leur voyage dans les caisses de la Beogradska Bank. Peu de temps après avoir mené cette opération financière ô combien audacieuse, Miodrag Zecevic, quitta la France pour être nommé a Belgrade à la direction de la banque JUBMES, un autre fief financier du régime. Le 15 août 1998, lors d'une visite à Paris, Zecevic fut arrêté. En effet, une enquête avait été ouverte en France et l'ancien directeur de la banque Franco-Yougoslave fut accusé d'avoir violé la loi française pour abus de confiance vis-à-vis du gouvernement serbe. Belgrade dépêcha immédiatement à Paris une consistante délégation d'officiels avec à leur tête le ministre des affaires étrangères Vladislav Jovanovic et... un mois plus tard Zecevic fut remis en liberté contre la promesse du paiement d'une modique caution correspondant à 300.000 dollars. Dès qu'il retrouva son bureau à Belgrade, Miodrag Zecevic, en homme de parole, s'empressa de payer sa caution. Cette fois-ci il piocha directement dans les réserves de la banque JUBMES et s'acquitta ainsi de sa dette avec la justice française... en parfaite harmonie avec la philosophie du régime qui considérait les biens publics comme propriété privée du pouvoir en place.
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