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Lors
de la visite de Nicolas Sarkozy au Pays
Basque (Photo: de Prada).
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Il
est venu, il a vu et
il n'a pas
été convaincu! Le 20 décembre
dernier, le ministre de l'Intérieur
français, Nicolas Sarkozy, a effectué
en Pays Basque nord une tournée des popotes
au pas de course
ou plutôt au saut
d'hélicoptère. Rien que du
très classique pour le gardien des
institutions de la République Une et
Indivisible, venu juste pour s'assurer que ses
affidés tenaient encore bien en main les
rênes de ce territoire qui n'a droit à
la qualité de pays que sous la forme d'un
produit vanté par les seules bochures des
Offices de Tourisme ou autres guides de voyage. Sur
cette question de prise de température,
l'homme pressé de la Place Beauvau, n'a sans
doute pas eu l'impression que ce Pays Basque de
carte postale couvait une fièvre des plus
corsée.
Les
promoteurs de la démarche Batera (Ensemble)
ne croient peut-être plus au Père
Noël, mais ils semblent avoir oublié
que dans la tradition historique de la
République Française jacobine, le
ministre de l'Intérieur est avant tout un
père fouettard qui ne perçoit les
événements et les évolutions
socio-politiques qu'en termes de rapport de forces.
Or, quel poids politique pensaient
représenter les porteurs d'une plate-forme
qui amalgame dans un même ensemble les
revendications de la création d'un
département de Pays Basque, de la
co-officialisation de la langue basque (euskara),
de la création d'une Chambre d'agriculture
du Pays Basque et de la mise en place d'une
université de plein exercice? Paris n'est
pas si loin de Bayonne et le gouvernement
français si peu au fait de la
problématique basque, que dans les palais de
la République ils n'aient
décelé que tout cela souffrait d'un
sérieux manque de
cohérence.
Car
enfin, qu'est-ce donc que ce département qui
aurait parmi ses compétences la gestion
d'une co-officialité entre la langue de la
République et l'euskara, soudainement
promu langue à égalité de
droit avec le dialecte de l'Ile-de-France? A
répondre à cette question, on
hésite entre l'ingénuité des
promoteurs de Batera ou leur illogisme, quant
à la conception qu'ils ont des rapports avec
Paris.
Il
n'est en effet nul besoin d'être grand clerc
pour se dire que le jour où la
République Française admettra une
co-officialité de l'euskara - ou de
toute autre langue dite aujourd'hui
'régionale' -, la revendication d'un cadre
institutionnel comme le département sera
plus que dépassé
(...)
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