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Lettre du Pays Basque:
Sarkozy, le mépris

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"Lettre du Pays Basque"


Par Allande Socarros, journaliste basque

Lundi 5 janvier 2004



Lors de la visite de Nicolas Sarkozy au Pays Basque (Photo: de Prada).
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I
l est venu, il a vu et… il n'a pas été convaincu! Le 20 décembre dernier, le ministre de l'Intérieur français, Nicolas Sarkozy, a effectué en Pays Basque nord une tournée des popotes au pas de course… ou plutôt au saut d'hélicoptère. Rien que du très classique pour le gardien des institutions de la République Une et Indivisible, venu juste pour s'assurer que ses affidés tenaient encore bien en main les rênes de ce territoire qui n'a droit à la qualité de pays que sous la forme d'un produit vanté par les seules bochures des Offices de Tourisme ou autres guides de voyage. Sur cette question de prise de température, l'homme pressé de la Place Beauvau, n'a sans doute pas eu l'impression que ce Pays Basque de carte postale couvait une fièvre des plus corsée.

Les promoteurs de la démarche Batera (Ensemble) ne croient peut-être plus au Père Noël, mais ils semblent avoir oublié que dans la tradition historique de la République Française jacobine, le ministre de l'Intérieur est avant tout un père fouettard qui ne perçoit les événements et les évolutions socio-politiques qu'en termes de rapport de forces. Or, quel poids politique pensaient représenter les porteurs d'une plate-forme qui amalgame dans un même ensemble les revendications de la création d'un département de Pays Basque, de la co-officialisation de la langue basque (euskara), de la création d'une Chambre d'agriculture du Pays Basque et de la mise en place d'une université de plein exercice? Paris n'est pas si loin de Bayonne et le gouvernement français si peu au fait de la problématique basque, que dans les palais de la République ils n'aient décelé que tout cela souffrait d'un sérieux manque de cohérence.

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Car enfin, qu'est-ce donc que ce département qui aurait parmi ses compétences la gestion d'une co-officialité entre la langue de la République et l'euskara, soudainement promu langue à égalité de droit avec le dialecte de l'Ile-de-France? A répondre à cette question, on hésite entre l'ingénuité des promoteurs de Batera ou leur illogisme, quant à la conception qu'ils ont des rapports avec Paris.

Il n'est en effet nul besoin d'être grand clerc pour se dire que le jour où la République Française admettra une co-officialité de l'euskara - ou de toute autre langue dite aujourd'hui 'régionale' -, la revendication d'un cadre institutionnel comme le département sera plus que dépassé (...)

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