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Attenter à toute vie est un acte grave. De ce point de vue, la vie d'un journaliste ne vaut pas plus que celle de tout autre acteur social, voire même que celle d'une simple personne. Mais, s'agissant d'un vecteur d'opinion, faire taire la voix d'un journaliste revêt un degré de gravité supplémentaire car c'est à la liberté d'opinion, d'expression que l'on s'attaque. José Luis Lopez de Lacalle, assassiné probablement par ETA, était un journaliste, même si ses prises de position publiées dans le quotidien El Mundo avaient de quoi susciter l'aversion, au Pays basque. L'ancien résistant communiste était devenu le porte-plume fielleux des secteurs espagnolistes les plus viscéralement opposés aux droits du peuple basque, en particulier le droit à l'autodétermination. Ses articles étaient des brûlots où les analyses à l'emporte-pièce le disputaient à la diffamation caractérisée, en particulier celui du 2 mai dernier où il estimait que "Le PNV (Parti Nationaliste Basque - parti d' obédience démocrate chrétienne, majoritaire dans la Communauté Autonome Basque - NDLR) est tenu par beaucoup d'intérets. Ce qu' il recherche c'est de 'faire le voyage' avec ETA en wagon-lit..." Certes,
José Lopez de Lacalle était sûrement un
journaliste asservi aux intérêts de Madrid...
mais il avait le droit de l'être! Le seul moyen de le
combattre c'était d'émettre des opinions
allant à l'encontre de ses thèses, argumenter
par la raison ou par la passion, mais toujours par les
idées. C'est, à l'évidence, un concept
qui échappe à ETA et ses
procédés sont ceux d'une organisation
fondamentalement totalitaire. Une organisation pour qui -
apparemment - les journalistes doivent être soit des
zélateurs de propagande, soit des journalistes morts!
Inquiétante future société que celle
où de soi-disant combattants de la liberté se
permettraient d'être des censeurs de mort et où
penser et dire seraient susceptibles de mener au
cimetière. Evadons-nous!
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