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Silvio
Berlusconi vient de livrer sa vision du monde
à deux journalistes, Boris Johnson,
directeur de The Spectator et Nicholas
Farrel de La Voce di Rimini. Il s'agit d'un
long entretien que le Premier ministre italien et
président en exercice de l'Union
européenne, leur a accordé dans sa
luxueuse résidence de Porto Rotondo, en
Sardaigne. Plus décontracté que
jamais, l'ancien membre de la loge
maçonnique occulte, putschiste et
antirépublicaine P2, a livré à
nos confrères une énième
démonstration de la philosophie qui l'anime.
Une philosophie bien lointaine de toute
référence démocratique, une
philosophie où seules la force et
l'arrogance règnent. En maîtresses
absolues (...)
Les
Etats-Unis, Silvio Berlusconi les adore: "C'est
grâce à eux que nous sommes vivants.
Ils nous ont libérés du nazisme et du
communisme". Ce fut donc pour lui naturel d'appuyer
l'Oncle Sam lors de la guerre contre l'Irak.
Voici comment il explique sa décision: "Nous
avons eu beaucoup de doutes sur la
nécessité de cette guerre, et nous
avons essayé de l'éviter, mais quand
nous avons vu que les Etats-Unis et l'Angleterre,
nos alliés traditionnels, avaient
décidé de faire la guerre, nous avons
été solidaires avec eux.
Prenons
l'exemple d'un de nos frères, qui se lance
dans une affaire malgré le fait que nous lui
ayons demandé pendant trois mois de se
désister - eh bien, c'est mon frère,
et moi, je l'appuie..." Voilà, pour
Berlusconi ce n'est pas plus compliqué que
cela. D'autant plus que notre président de
l'Union a aussi des grandes visions
géopolitiques. Ecoutons-le: "Nous avons
certainement un gros problème dans les
relations entre l'Occident et le monde islamique.
C'est un fait qu'au Moyen-Orient il n'y a pas de
démocratie. Je juge l'intervention en Irak
positive puisqu'elle a mis fin à une
dictature, et ça peut être exemplaire
pour toute la région. Je comprends la
difficulté d'apprendre la démocratie
à des gens qui n'ont connu que la
dictature..." Berlusconi comprend les
difficultés, mais, comme il fallait s'y
attendre, il a déjà la solution.
C'est une solution pragmatique. Pour le Cavaliere
il suffit d'"imposer la liberté et la
démocratie" par la guerre
(...)
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