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Secret-défense "A qui dois-je faire lire les manuscrits: Les RG, la DST ou la DGSE?" Guy Birenbaum, éditeur. Interview


Propos recueillis par Enrico Porsia

Jeudi 20 octobre 2005



Guy Birenbaum, éditeur (Editions Privé): "Ce que je voudrais savoir, c'est à quel bureau je dois maintenant faire lire les manuscrits? Les RG, la DST ou la DGSE, et si mes auteurs vont tous terminer à Guantanamo".
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[Mise à jour du 01/12/2005]: A l'audience du 30 novembre 2005, le tribunal a décidé d'annuler les poursuites contre Pierre Martinet, la citation étant trop imprécise.


L'ex-agent de la DGSE Pierre Martinet, auteur du livre "DGSE, service action, un agent sort de l'ombre" (Editions Privé), a été interpellé mardi 18 octobre par les hommes de la DST et placé en garde-a-vue. L'opération a mobilisé une vingtaine d'agents du service sécurité des services secrets. Martinet a été filé pendant une bonne semaine. Ensuite, alors qu'il sortait de l'appartement d'une amie, il a été interpellé, menotté et "accompagné" chez lui.
Les agents des services secrets ont procédé a une perquisition minutieuse de son appartement et ont également consigné son ordinateur.
Jeudi 20 octobre en fin de matinée, Pierre Martinet a été relâché, après avoir subi un interrogatoire qui s'est déroulé dans une atmosphère courtoise, comme nous l'a affirmé son éditeur, Guy Birenbaum.
Pierre Martinet est toutefois convoqué au tribunal le 30 novembre 2005 pour être jugé pour avoir porté atteinte "au secret de la défense nationale".

La DST agissait dans le cadre d'une enquête préliminaire qui fait suite à une plainte déposée par la ministre de la Défense en personne.
Michèle Alliot-Marie avait saisi le parquet de Paris après la publication du livre de Martinet.
Dans son ouvrage, qui a connu un grand succès, l'ancien agent de l'ombre raconte ses missions de "renseignement à fin d'action": comment espionner une "cible" en vue de son élimination, pour être plus clair.

Martinet raconte aussi la suite de sa carrière. Une fois quitté le "service", il est employé à la sécurité de Canal+. L'ancien agent a affirmé avoir été chargé d'espionner Bruno Gaccio l'auteur des "Guignols". Une émission corrosive pour bien des personnalités politiques.
Cette tâche lui aurait été confiée par Gilles Kaehlin, et par son adjoint Gilbert Borelli. Ces derniers, qui étaient les responsables de la sécurité de la chaîné cryptée, nient les faits et ont porté plainte pour diffamation.

Nous avons rencontré Guy Birenbaum, l'éditeur du livre.

Quand est-ce que vous avez su que Pierre Martinet a été placé en garde-à-vue?

J'avais un message sur mon téléphone portable le mardi 18 octobre à 20h04 d'une lieutenante de la DST qui m'informait, à la demande de Pierre Martinet, qu'il était en garde-à-vue. J'étais un peu étonné, j'ai téléphoné à son avocat, et ensuite j'ai appelé la DST. Là, j'ai eu un autre officier en ligne, qui m'a confirmé les choses et qui m'a dit qu'il avait demandé l'autorisation du parquet de me prévenir, et qu'il avait eu cette autorisation.

Pourquoi étiez-vous étonné?

D'abord, d'habitude on ne prévient pas par téléphone.
Mais surtout, je suis très étonné que pour une plainte qui aurait été déposée au mois de juin, pour un livre qui est sorti au mois d'avril, qui violerait le secret-défense, on agisse le 18 octobre. Ou alors, la République est mal protégée.

Je précise: le livre est sorti le 29 avril. Et il a fallu attendre le 9 juin pour que Madame Alliot-Marie se rende compte qu'il posait un problème? Si ce livre avait posé un problème, il ne serait pas sorti. Ils ne l'auraient pas laissé sortir. Ils ont lu ce livre avant qu'il sorte, ils l'ont récupéré, nous le savons, au moins trois semaines avant qu'il sorte. Et il y a des agents de la DGSE qui ont fait des notes pour leur direction, au moins deux semaines avant sa sortie, et ces notes sont arrivées sur le bureau du patron... (...)

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