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La
profanation des vagins: la destruction de
"L'Origine du monde"
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Par
Bolya, écrivain congolais
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Lundi
24 novembre 2003
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Bolya est né au Zaïre
(République Démocratique du Congo) en
1957. Il vit et écrit aujourd'hui entre
Paris et Montréal. Son roman
Cannibale a reçu le Grand Prix de
l'Afrique Noire en 1986. Il est également
l'auteur de plusieurs essais: L'Afrique en
kimono (1991) et L'Afrique à la
japonaise- Et si l'Afrique était mal
mariée (1995). Dernier ouvrage paru:
Afrique, Le Maillon Faible, Editions Le
Serpent à plumes, 2002.
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Cachez ce
vagin que je ne saurais voir...
Le
célèbre tableau de Gustave Courbet est
lacéré tous les jours par diverses
soldatesques africaines. Le Continent noir est devenu
"Un enfer pour les femmes" (1) et pour les enfants. En
effet, les crimes sexuels de masse en série et les
viols collectifs à répétition sont
considérés comme de redoutables armes de
destruction massive dans les innombrables guerres sales qui
ravagent l'Afrique. Et le Vagin élevé au rang
de cible militaire stratégique, qu'il faut absolument
atteindre, souiller, détruire et profaner. La
destruction de "L'Origine du monde" à la kalachnikov
ou à la machette est le seul impératif des
seigneurs de la guerre.
Jamais,
la banalisation de la violence sur les femmes n'a atteint de
tels sommets de barbarie. Jamais, on atteint l'horreur
absolue avec des moyens de destruction de la vie aussi
rustiques. Jamais, ces pratiques "militaires" monstrueuses
n'ont atteint des proportions inédites comme dans les
guerres africaines de rapines. Jamais, les viols collectifs
des femmes par des enfants-soldats armés de leur seul
pénis, de leur kalachnikov et autres armes
légères n'ont atteint des sommets
inégalés
(...)
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