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"Celui auquel je pense le plus quant à moi est Jean-Michel Kernaleguen (Yann-Kèl Kernalegenn) même s'il n'a pas pu faire de grandes choses puisqu'il mourut dans sa prime jeunesse en Combattant pour la Bretagne. (...) Au nom de Jean-Michel je joins celui de Christian Le Bihan que je n'ai pas connu et qui mourut de manière semblable" (voir le document). Per Denez, qui écrivait cela au moment même où les attentats de l'Armée Révolutionnaire Bretonne reprenaient, prenait soin de ne pas de signaler que l'étudiant Kernaleguen se fit sauter en 1976 en manipulant une bombe, et que l'employé d'hôpital Le Bihan fit de même dix ans plus tard à Guingamp. Ce qui intéressait avant tout Per Denez, c'était de récupérer l'image de gauche que véhicule le combat régionaliste dont se revendiquaient ces deux militants. La suite montrera qu'il a vraiment besoin de brandir un drapeau qui n'est pas le sien... Il faut dire que Per Denez ne rechigne pas à nouer des amitiés de façade dans tous les secteurs de l'opinion. Ainsi un livre écrit récemment en son hommage a bénéficié d'une préface élogieuse d'Edmond Hervé, maire socialiste de Rennes. Un élu qui ferait mieux de vérifier les plaques de rues de sa ville dont une porte toujours le nom d'Alexis Carrel! (voir notre enquête "Un prix Nobel précurseur des chambres à gaz") Quelques temps avant, Per Denez dressait, lui, dans le numéro 62 de la revue "Al Lanv" (été 1992), un portrait flatteur de l'abbé Perrot . Cet abbé anticommuniste et antisémite dont la renommée n'a pas dépassé les frontières des départements bretons, hébergeait nationalistes bretons et flamands pro-nazis dans son presbytère de Scrignac pendant l'Occupation, et il fut exécuté par la Résistance en 1943. Voici ce qu'en dit Per Denez: "L'assassinat de l'abbé Perrot - car l'abbé fut bien assassiné et non "exécuté" comme on l'écrit sans le moindre scrupule dans l'énorme Histoire littéraire, culturelle, etc de la Bretagne, préparée à Brest sous la direction de M. Bacou, - l'assassinat de l'abbé Perrot fit trembler l'emsav (le mouvement breton, ndlr) sur ses bases. Perrot était respecté par tous, excepté l'évêque de Quimper peut-être, un homme plein de feu et d'honnêteté, qui travaillait sans peur pour le pays..." Ce brave abbé Perrot, dont la meurtrière légion SS bretonne prendra le nom, appelait pourtant au massacre des Juifs (qu'ils soient bretons ou non), comme on peut en juger en lisant l'article "Voici 700 ans les juifs furent chassés de Bretagne" qu'il publiait dans sa revue "Feiz ha Breiz" en novembre 1940, anticipant la solution finale: "Dans les anciens textes bretons, il n'est pas question des Juifs avant le XIIIéme siècle? C'est seulement alors qu'on les voit s'insinuer dans le pays et sucer comme ils savent si bien le faire, les biens des chrétiens..." (voir le document) Per Denez se contentait d'écrire en 1943, dans "Le corps de l'homme", que "Trois grandes races sont répandues à la surface de la terre: les blancs, les jaunes et les noirs. Les blancs sont les plus beaux et les plus intelligents de tous les humains". C'est ce même Per Denez, professeur émérite de l'Université Rennes 2, qui est crédité du "parrainage scientifique" du "Geriadur Brezhoneg", un dictionnaire en breton de 1232 pages publié par les éditions An Here et qui a bénéficié de près de 5 millions de subventions publiques du peu regardant État français. Ce livre révisionniste est dédié à la mémoire de Roparz Hémon. Il s'agit en fait du pseudonyme de Louis Nemo, un linguiste antisémite, largement subventionné par le nazis, lui, pour des émissions sur Radio-Rennes et auteur de nombreux articles pro-nazis. Inventeur du "breton super-unifié", il fuira en Allemagne, dans les fourgons de la milice SS Perrot, pour échapper au peloton d'exécution et finira sa vie en exil, à Dublin (voir le document). Malgré ce parcours dépourvu d'ambigüité, un centre culturel de Guingamp et un collège Diwan, l'un de ces centres d'apprentissage de la langue bretonne dont les associations progressistes font la promotion, portent le nom de ce militant nazi, ce qui donne la mesure de la confusion qui règne sur l'histoire du mouvement breton... Un peu comme si une école maternelle allemande portait celui d'Hermann Goering, ou un lycée parisien celui de Robert Brasillach... Aujourd'hui, certains militants nationalistes bretons évoquent, pour l'attentat du Mac Donald qui fit une victime innocente, l'hypothèse d'une manipulation des services secrets. A l'appui de leurs soupçons, ils rappellent qu'effectivement la DST ne recula pas, en 1972, à commettre un attentat visant la villa bretonne de Francis Bouygues afin de discréditer leur mouvement. Ne pourraient-ils pas s'interroger sur leurs propres manquements historiques qui ont conduit une grande partie de leurs organisations à faire figurer au Panthéon de leur lutte de libération nationale les pires ennemis de la liberté? A
lire: Evadons-nous!
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