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Par
Renaud Marhic
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Mercredi
2 mai 2001
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"Ni rouge ni blanc, breton seulement", tel
fut le cynique cri de ralliement de la fine fleur
du nationalisme breton qui composa ou flirta avec
l'occupant nazi.
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Il
est en Bretagne des conversations qui fâchent. Celles
touchant au devoir de mémoire sont de
celles-là. Parce que sur la palette du
nationalisme breton, du rouge au brun, l'amnésie
semble totale. Quand la presse nationale, en une
volée d'enquêtes, rappelle les dérives
de l'Emsav (mouvement breton) durant l'occupation, en
écho ne revient que le suprême anathème:
"jacobinisme!"
Et
pourtant. "Ni rouge ni blanc, breton seulement",
tel fut le cynique cri de ralliement de la fine fleur du
nationalisme breton qui composa ou flirta avec l'occupant
nazi. D'aucuns allèrent même jusqu'aux
épousailles. Comme les combattants de la Bezen
Perrot, milice sous uniforme allemand ayant pris le nom d'un
abbé anti-communiste et antisémite
exécuté par la Résistance, le 13
décembre 1943, à Scrignac (Finistère)
(voir
notre édition du
24.11.2000).
Occulter
ce passé permet aujourd'hui tous les tours de
passe-passe. Avril 1995: les éditions bretonnantes
An Here publient le Geriadur brezhoneg, dictionnaire
de la langue bretonne (voir
notre édition du
05.05.2000).
Une somme: 1300 pages, autant d'illustrations, 10.000 mots
usuels et leur définition. Pour permettre à ce
"Larousse de la langue bretonne" de voir le jour, les
parrains ont été nombreux. La Région
Bretagne, bien sûr, mais aussi le Conseil
général du Finistère, qui n'a pas
lésiné sur les dragées: deux millions
de francs de subvention!
Problème:
parmi les rédacteurs du Geriadur brezhoneg,
feu-Alan Heusaff, l'un des miliciens en chef de la Bezen
Perrot (...)
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