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Le
nouveau statut de la Nouvelle Calédonie, prévu
par l'accord de Nouméa (signé par l'Etat, le
RPCR et le FLNKS, et qui doit porter d'ici 15 à 20
ans l'île vers l'indépendance) a
été entériné par le
référendum local dimanche 8 novembre. La
participation a été plus faible dans les
provinces à majorité kanaks (Iles
Loyauté 48,55% et 73,40% dans le nord, contre 80,71%
en province sud, à majorité
européenne).
Voici la voie singulière d'un "développement séparé" made in France: Lors de l'élection du bureau du Congrès du territoire, le 3 juin dernier, le RPCR a refusé tout poste au FLNKS... (Le Canard enchaîné, 19/08/98). C'est embêtant car, dans le cadre du nouveau statut, les textes votés par le Congrès du territoire auront force de loi. Ils ne pourront donc être contrôlés que... par le Conseil constitutionnel, en France. Ainsi, le citoyen n'aura plus aucun recours (tribunal administratif, Conseil d'Etat), puisque seules les "autorités" sur place pourront saisir le Conseil constitutionnel. C'est donc l'establishment local, et non le peuple du territoire dans son entier, qui se voit confier "l'autonomie" des pleins pouvoirs! Quelques exemples? - Un neveu du chef RPCR Jacques Lafleur a été mis en examen pour des constructions illégales. Une loi du Congrès du territoire pourrait arranger l'affaire en légalisant ces constructions. - Le monopole des marchés de la viande et des pommes de terre est contrôlé par un notable du RPCR, qui refuse les livraisons de certains agriculteurs, à son gré. - L'enquête sur le détournement de fonds de la Sécurité sociale locale, où des enquêteurs parisiens souhaitaient des "mesures réglementaires", risque bien d'être reprise en main par les pouvoirs locaux... Tout
cela a fait dire a Philippe Gomes (RPCR) lors d'une
réunion publique que, pour la population
européenne de l'île, cet accord
c'était "le beurre et l'argent du beurre".
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