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Capture de Che Guevara: les documents inédits qui contredisent la version officielle


Une enquête de la rédaction

Paris, mardi 20 mars 2001



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Le 23 janvier 2001, Libération mettait en cause Régis Debray dans la chute du Che.
Amnistia.net s'est penchée sur une polémique trop vite étouffée...

Tout d'abord, il nous faut revenir au 31 août 1996, à Buenos Aires, quand la fille aînée du Che, Aleida Guevara lance un pavé dans la mare en accusant Régis Debray d'être en partie responsable de la capture de son père, en Bolivie, trente ans plus tôt, le 8 octobre 1967.

Le lendemain, à 13 heures 10, le Che fut exécuté par le sous-officier bolivien Mario Teran sur ordre du général Barrientos, conseillé lui-même par la CIA. Selon les déclarations d'Aleida Guevara au quotidien argentin Clarín, Régis Debray "a parlé plus qu'il n'était nécessaire" après son arrestation par les militaires boliviens en avril 1967.

Cette interview venait après la publication de Loués soient nos seigneurs, un livre dans lequel Régis Debray justifiait sa rupture avec Fidel Castro dont il "respectait" pourtant, quelques temps plus tôt, la décision de "rester le dernier communiste du monde".

Dariel Alarcon Ramirez, qui sous le pseudonyme de Benigno fut l'un des derniers compagnons du Che en Bolivie, répliqua immédiatement que l'interview d'Aleida Guevara était "une nouvelle preuve du stalinisme cynique qui s'est emparé d'une révolution que j'ai aimée et servie quand elle était encore une révolution". Il conseillait à Régis Debray de refuser de répondre "à des mises en cause imbéciles", et concluait "C'est entre Cubains, et face à l'Histoire, qu'il faudra nous expliquer".


Rapport de l'expert des questions d'Amérique Latine Thomas L. Hughes, qui travaillait pour le "Bureau of Intelligence and Research", adressé au secrétaire d'Etat US Dean Rusk. Ce rapport est daté du 12 octobre 1967, soit trois jours après l'exécution du Che.
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Régis Debray ne suivit pas le conseil et rendit public un communiqué par l'intermédiaire du journal Le Monde, le 3 septembre 1996 où, sous le titre Régis Debray et "Benigno" répliquent aux calomnies castristes, il affirmait notamment:

"L'appareil cubain s'acharne parce qu'il croit, à tort, que j'encourage de loin les réseaux de résistance et que je suis responsable de la défection et des propos de Benigno, proche entre tous du Che. C'est absurde".

Deux années plus tard, le 9 octobre 1998, jour anniversaire de l'assassinat de Guevara, Benigno s'envola de son exil de France pour une visite à Miami. Il y fut accueilli, dans son bungalow, par Félix I. Rodriguez, un agent de la CIA à la retraite dont la principale mission fut, pendant de longues années la traque du Che, au Congo, en Amérique Latine(...)

Nous avons découvert que plusieurs livres et documents qui contredisent la version officielle de Régis Debray n'ont jamais été traduits en France.
Nous nous sommes procurés ces ouvrages ainsi qu'un document déclassifié du Département d'Etat américain... A vous de juger.

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